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Saint-Martin - Très cher remblai...
Le conseil municipal a voté, à une courte majorité, la remise en état du terrain à proximité du parking sur lequel du remblai avait été déposé sans autorisation. L'opération est chiffrée à 30 000 ¤. La mairie devrait rentrer dans ses frais en réutilisant cette terre pour de futurs chantiers.
Les travaux de remise en état ont commencé sur le site.

Le 16 mars dernier, le conseil municipal s’est réuni avec comme seul point à l’ordre du jour : la remise en état du terrain à proximité du cimetière.
En octobre dernier, Bernard Garcia, adjoint au maire chargé des travaux, décide, sans autorisation et sans en avertir le conseil municipal, de faire étaler près de 4 000 m3 de remblai sur le terrain à proximité du cimetière. Ce remblai provient du chantier d’agrandissement d’un supermarché voisin. Les élus de l’opposition se sont tout de suite émus de cette situation ainsi que l’adjoint aux affaires culturelles Joël Tillier. Ce dernier a d’ailleurs perdu sa délégation d’adjoint pour avoir dénoncé publiquement les faits. Il a depuis rejoint le banc de l’opposition (JdP n° 24 et 25).
Pour le maire Patrice Déchelette, que nous n’avons pas réussi à joindre, il s’agit bel et bien d’une «erreur» qui s’explique par le fait qu’il voulait proposer un parking supplémentaire dans sa commune qui en manque cruellement. Seulement, ce terrain situé sur un site protégé, très proche d’un monument historique, ne pouvait, en tout état de cause, être modifié sans autorisation.
L'architecte des Bâtiments de France est rapidement intervenu en demandant à la mairie de remettre en état le terrain. Le sujet a donc fait l’objet d’un conseil municipal le 16 mars dernier. A dix voix pour, huit contre et une abstention, les élus ont voté la remise en état du terrain. Le concassage du remblai étant chiffré à 19 578 € et le transport des matériaux aux Hauts de Turpine à 10 046 €. Une facture de près de 30 000 € qui passe mal auprès de l’opposition. Le maire, lors du conseil, a cependant expliqué que cela ne coûterait finalement rien aux contribuables martinais puisque les gravats seraient réutilisés lors des futurs chantiers sur la commune. Une explication qui ne satisfait nullement les élus de l’opposition. «A l’heure actuelle, explique Thierry Poitte, conseiller municipal de l’opposition, nous avons encore des interrogations sur la nature du remblai. A la mairie on nous dit qu’il s’agit de matériaux nobles, or de l’avis des spécialistes que nous avons contactés, cela serait de la marne, un mélange de calcaire et d’argile, qui ne peut donc pas être utilisé pour des chantiers. Nous attendons confirmation sur ce point. D’autre part, le maire nous a annoncé que ce remblai serait utilisé sur le parking Vauban et ce avec l’accord de l’architecte des Bâtiments de France. Là encore, nous nous interrogeons sur cette affirmation. Pourquoi l’architecte des Bâtiments de France accepterait du remblai sur le parking Vauban, site classé, alors qu’il l’interdit sur le terrain près du cimetière, site classé ? Là encore nous attendons une confirmation du côté des Bâtiments de France. Il n’y a aucun écrit qui vient accréditer les deux affirmations de la mairie.»
Aujourd’hui, les élus de l’opposition refusent d’être catalogués dans le rôle des méchants. «Nous ne sommes pas dans la dénonciation, ni dans la critique systématique, nous voulons juste des réponses à nos questions. En tout premier lieu, le maire aurait dû désavouer l’adjoint aux travaux, plutôt que de retirer sa délégation à l’adjoint qui a dénoncé les faits.» Trois plaintes émanant de la Direction départementale de l’Equipement, de la Diren et d’un particulier auraient été déposées dans ce dossier. Une alternative à laquelle ne se résolvent pas encore les élus de l’opposition. «Nous attendons les réponses à nos questions avant d’envisager de porter plainte. Si demain on nous donne la preuve que les matériaux sont nobles et que l'on nous présente l’autorisation écrite des Bâtiments de France pour remblayer le parking Vauban, alors nous ne porterons pas plainte. Nous voulons également voir si les plaintes seront jugées recevables. Nous étudierons ensuite les possibilités qui s’offrent à nous.»

Des méthodes de travail discutées

Au-delà de cette histoire, ce sont surtout les méthodes de l’équipe de la majorité que les élus de l’opposition veulent mettre en exergue. «Nous estimons qu’il y a un problème de fond et de forme dans cette affaire. Ce n’est pas parce qu'on est élus que l’on peut tout se permettre. C’est mauvais pour la démocratie et mauvais pour l’image de la commune. De plus, nous estimons que le maire n’est pas dans son rôle de rassembleur. Il y a une radicalisation dans la commune, les pour et les contre. Il se pose en permanence en victime. Il dit que nous sommes dans des démarches politiciennes, ce qui est faux. Il est le maire pendant six ans et cela ne nous empêche pas de vouloir travailler avec lui. Or, les commissions sont certes ouvertes comme il le répète à l’envi mais elles ne se réunissent que très rarement voire pas du tout. Le pouvoir ne nous intéresse pas, nous voulons travailler pour les Martinais. Il manque une vraie équipe à cette municipalité. A chaque commission générale, l’opposition est majoritaire. Ce n’est pas normal, les élus de la majorité ont été élus pour faire des choses.»
Au chapitre des griefs, les élus de l’opposition estiment également que les promesses électorales, certes juste un an après les élections, sont loin d’avoir toutes été tenues. «La réflexion sur le musée, dont le maire avait souhaité que le fonctionnement revienne à la communauté de communes de l'île de Ré, n’a toujours pas été engagée. Le maire a d'ailleurs admis que, malgré sa promesse lors de la campagne, le musée resterait communal. Les réunions publiques promises n’ont pas encore été organisées. De plus, quid de la politique jeunesse et des aides promises pour permettre aux jeunes de passer le permis de conduire ? Aujourd’hui il ne se passe rien à Saint-Martin. Le maire et son équipe parlent certes de la maison de retraite, de la future crèche, de la gendarmerie… mais si ces projets sont, en effet, situés sur la commune, le maire n’en est pas à l’origine puisqu’ils sont portés par la communauté de communes.»


 

 
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