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Saint-Martin - Des camping-cars sur les remparts
L'association Saint-Martin Sauvegarde qui milite, depuis février 2006, pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine a alerté la Direction régionale des affaires culturelles de l'ouverture d'une aire de stationnement de camping-cars sur le monument historique lui-même. Les travaux auraient été réalisés sans autorisation.
«Notre objectif est la protection du patrimoine et non pas d’embêter la municipalité et les élus qui ont le souci d’accueillir agréablement le visiteur. Mais ce souci ne doit pas prédominer sur la sauvegarde du patrimoine pour lequel ce même visiteur a fait le déplacement dans notre commune.» Et pourtant, Alain Spire, président de l’association Saint-Martin Sauvegarde, va fatalement, par sa démarche, «embêter» la mairie et les élus. En avril dernier, en effet, l’association, qui est adhérente à la Fédération nationale des associations de sauvegarde des sites et ensembles monumentaux, découvrait que la municipalité envisageait d’aménager une aire de stationnement pour camping-cars sur le monument historique lui-même. «Cette aire, en service actuellement, peut accueillir une quinzaine de véhicules, explique Alain Spire. Elle se situe à l’extrémité du camping municipal vers la poudrière. Rappelons que pour pouvoir effectuer des travaux sur un édifice classé, il faut, conformément à la loi de 1913, effectuer une déclaration de travaux, solliciter et obtenir l’accord exprès du préfet de région, après instruction du dossier par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Les travaux eux-mêmes doivent être réalisés sous la surveillance de l’administration des Affaires culturelles.» Or l’association estime qu’aucune des étapes de cette procédure n’a été respectée. A la mi-mai, Alain Spire a été reçu par Patrice Déchelette, le maire, qui, pour légitimer le début des travaux, lui a fourni un courrier émanant de l’architecte des Bâtiments de France. Ce dernier donnait alors un avis favorable au projet. «Un tel papier ne nous satisfait pas pour autant, reprend Alain Spire. D’une part, parce que cet architecte des Bâtiments de France, qui  partait en retraite dans les jours qui ont suivi, n’a donné son avis que sur une simple esquisse, datant de novembre 2008, et que, d’autre part, son avis seul ne peut suffire à entamer ce type de travaux à cet endroit.»

Ménager et non pas aménager

Pour l’association, créée en février 2006, outre l’illégalité du procédé, l’aménagement d’une aire de camping-cars à cet endroit contredit la démarche Unesco. «Lors de l’expertise des sites réalisée en septembre 2007 afin d’obtenir l’inscription à l’Unesco et à laquelle notre association assistait, l’expert d’Icomos avait estimé qu’il était indispensable de "reconquérir" le front de terre des remparts, actuellement occupé par un camping de plus de 4 hectares et par de nombreux parkings, pour redonner plus de lisibilité au patrimoine Vauban. Les interventions actuelles sur le monument accentuent, au contraire, sa dénaturation. L’idée n’était pas de fermer ce camping mais bel et bien d’éviter une urbanisation comme cela se fait actuellement. L’inscription n’est pas uniquement une récompense mais un encouragement à poursuivre la protection de ce qui a été fait. Il faut ménager plutôt qu’aménager.» L’association regrette que moins d’un an après l’inscription des fortifications de Vauban sur la liste du Patrimoine mondial, la commune ait déjà, par deux fois, porté atteinte à «l’intégrité du monument de Vauban placé sous la protection de l’Etat français par l’Unesco. La première fois, c’était avec la création d’un parking illégal proche du cimetière et maintenant cette aire pour les camping-cars. Il n’est pas interdit de faire des travaux sur un site classé mais il faut le faire dans les règles et respecter les procédures» L’association, qui met cette nouvelle atteinte sur le compte de l’inexpérience et la non-connaissance des procédures de la part des élus, a tout de même averti les autorités concernées, notamment la Drac. «A elle de nous garantir que l’intégrité du monument a été conservée. Si nous n’obtenons pas de réponse, nous ferons remonter le dossier jusqu’au Centre du patrimoine mondial.»
Du côté de la mairie, on récuse l'ensemble de ces informations tout en admettant que l'ouverture a été retardée puisqu'il manquait des autorisations. «Le directeur de la Drac, explique M. Gariac, adjoint au maire chargé des travaux, a receptionné le chantier en nous demandant de le compléter avec des travaux d'embellissement sur le parking existant de la poudrière. Nous allons donc végétaliser l'endroit. Nous avons réalisé les travaux avec l'aval des Bâtiments de France. Si nous avions fait quelque chose sans aucune autorisation, le chantier aurait été stoppé.»

 
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