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Saint-Martin - Et l'Unesco a dit oui
Il aura fallu quatre années pour que la commune obtienne son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. En compagnie de onze autres communes françaises, elle défendait l'œuvre de Vauban.
Le 22 septembre dernier, l’ancienne diplomate bulgare Irina Bokova a été élue secrétaire générale de l’Unesco. Un mot qui résonne d’une façon particulière depuis juillet 2008 dans la commune. Cette année là, en effet, elle obtenait son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Un dossier défendu par l’ancienne municipalité gérée alors par Georgine Lafontaine. C’est en octobre 2004 que l’idée de l’inscription est avancée. La commune s’était alors associée à huit autres villes françaises, toutes marquées par le système de fortifications de Vauban, pour son inscription au patrimoine mondial de l’humanité (JdP n° 1). Fin janvier 2005, la machine était en route. La commune, en partenariat avec Besançon, Blaye, Briançon, Camaret-sur-Mer, Mont-Dauphin, Neuf-Brisach et Villefranche-de-Conflent, créait l’association Vauban l’universel, réseau des sites majeurs de Vauban. L’objectif étant d’unir leurs forces pour obtenir collectivement cette inscription. Toutes ces villes possèdent un patrimoine militaire défensif remarquable réalisé par Sébastien La Preste, marquis de Vauban. Mais pour être retenues parmi les quelque 150 places fortes édifiées par le commissaire général des fortifications de Louis XIV, elles ont dû satisfaire à une grille d’évaluation scientifique. Etaient pris en compte l’intégrité des constructions, le soin apporté à leur valorisation et leur représentativité dans l’évolution du système de défense de Vauban. La citadelle de Saint-Martin, édifiée en 1681, représente l’aboutissement des recherches de l’ingénieur pour défendre les bords de mer, et est considérée par les spécialistes comme le plus bel exemple de réduit insulaire. Vauban était parti d’une première forteresse qui avait victorieusement résisté en 1627 au siège de l’armée anglaise conduite par le duc de Buckingham. A souligner que la commune développe une politique de mise en valeur des fortifications, dont le coût s’élève annuellement à 270 000 €, alors que l’entretien à lui seul se monte à 50 000 € par an. Le tout est subventionné à 75%, grâce aux interventions de l’Etat, de la Région et du Département. A l'époque de son implication dans cette aventure, la ville était sur le point d’acquérir le port de la Citadelle, et envisageait dans un second temps d’acheter à l’Etat les portes et les corps de garde. Pour être présenté à l’Unesco, le projet de candidature devait encore être validé par les ministères de la Culture et de l’Environnement et déposé par l’Etat français au plus tard en janvier 2007, année qui marque le tricentenaire de la mort de Vauban. Parallèlement, l’association L’Etoile de Vauban, présidée par l’acteur Charles Berling, voyait le jour en 2005, pour accompagner la démarche municipale, faire connaître le projet et susciter une dynamique parmi les Rétais.
Septembre 2006, la commune mettait la dernière main à son dossier de candidature alors que le réseau des sites majeurs de Vauban s’élargissait à d’autres communes. Il comptait alors 14 communes en accueillant Arras, Bazoches, Le Palais, Longwy, Montlouis et Saint-Vaast-la-Hougue (JdP n° 11). Le ministre de la Culture devait décider quel dossier il présenterait à l’Unesco en janvier 2007. L’œuvre de Vauban était en concurrence avec la ville de Rochefort ou bien encore l’œuvre de Corbusier. Le 5 janvier 2007, la bonne nouvelle tombait : l’Etat a choisi de déposer comme bien culturel pour l’année 2007 l’œuvre de Vauban auprès du centre du patrimoine mondial (JdP n° 13). En septembre 2007, la commune a été expertisée par un expert mandaté par l’International Council on monuments and sites (Icomos) pour le compte de l’Unesco (JdP n° 18). En attendant la réponse finale, l’association L’Etoile de Vauban a organisé une importante programmation artistique orientée vers les arts de la rue.
Finalement, le 7 juillet 2008, la commune et 11 autres communes françaises (au final, les sites de Bazoches et du Palais ont été retirés de la candidature) étaient ajoutées à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco (JdP n° 22). Si l’inscription n’apporte pas de fonds spécifiques de la part de l’Unesco, elle marque une reconnaissance prestigieuse et contribue également à modifier le regard des visiteurs et des institutions sur un patrimoine qui reste souvent méconnu et par conséquent difficile à préserver. Ce label doit permettre de reconnaître le travail effectué dans le passé – les premières rénovations ont été engagées dans les années 70 sur les portes de ville, classées en 1925 –, il doit également encourager les réhabilitations futures. Concernant l’urbanisation, cette inscription ne va pas modifier les règles établies.
Depuis juillet 2008, la commune a poursuivi ses investissements en matière de protection des sites en rénovant, notamment, le petit port de la citadelle. Par contre, elle a également failli aux prescriptions de l’Unesco en entreprenant des travaux sans autorisation sur un site protégé (JdP n° 24 et 25). Site qui, après plusieurs mois d’atermoiements, a été remis en état (JdP n° 26).
 
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