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Les Portes - La bataille de Trousse-Chemise
Depuis 2005, les élus alertent les pouvoirs publics pour la sauvegarde du bois de Trousse-Chemise dévoré par la mer ainsi que la plage du même nom victime de l'érosion marine.
Comme sa voisine, Saint-Clément-des-Baleines, la commune rencontre d’importants problèmes avec ses plages, notamment celle de Trousse-Chemise. A tel point que les deux communes se sont associées pour faire travailler l’école des Arts et Métiers pour qu’elle étudie les solutions à mettre en place pour lutter conte l’érosion marine.
Si cela fait des années que la mer dévore le bois de Trousse-Chemise, ce n’est qu’en 2005 que les élus décident de véritablement tirer la sonnette d’alarme (JdP n° 7). Il faut dire qu’alors la mer, en deux ans, a progressé de plus de trente mètres. La dune n’était alors plus qu’un souvenir et la mer attaquait directement la forêt, les racines des arbres étant alors à nu. Pour Michel Fruchard, alors adjoint au maire, l’accélération considérable du processus naturel d’érosion était probablement dû à l’épi de l’anse du Fourneau, à l’extrémité de la plage. «La mer le contourne à la base ce qui accélère le courant le long de la plage. Il faudrait l’enlever.» Une opinion soutenue par les agents de l’ONF mais qui ne trouvait alors pas d’écho auprès des services du Département, compétent en matière de protection des côtes. La politique du Conseil général étant d’intervenir à partir du moment où la vie des habitants est en danger. En juin 2006, le dossier avançait doucement. Si aucune solution technique n’était retenue, on s’acheminait vers un réensablement de la plage à partir du banc du Bucheron et la réalisation d’un bourrelet dunaire en lisière de la forêt (JdP n° 10). Cependant, si les solutions étaient énoncées, leur financement semblait problématique. Pourtant, pour les élus, il y avait urgence à intervenir avant les grandes marées de l’automne. Finalement, l’Association de sauvegarde des sites décidait de se battre pour sauver le bois de Trousse-Chemise, un des sites les plus célèbres de l’île (JdP n° 11). Une pétition lancée à son initiative avec le soutien de l’acteur Bernard Giraudeau a recueilli plus de 1 500  signatures. Pour l’association, les origines du mal sont lointaines. «La disparition des écluses à poissons depuis la guerre a joué un rôle fondamental. Les écluses détournaient le courant qui longe la côte. Depuis, le banc du Bucheron a centuplé et le fier d’Ars perd 30 000 m3 de sable par an. Si les écluses avaient disparues il y a deux ou trois siècles, le fier serait aujourd’hui une grande prairie.» Pour l’association, la sauvegarde du site passe donc par une reconstitution de la dune mais aussi par la disparition de l’épi en amont de la plage. Malgré tout, l’ONF et le Département ne se décidaient toujours pas à prendre le dossier en main. Les tempêtes de l’automne 2006 ont accentué encore plus le phénomène. La municipalité décidait alors de consulter une entreprise bretonne spécialisée dans les techniques de reconstitution des plages (JdP n° 12). Le procédé utilisé, baptisé Stabiplage, est la nouvelle génération des chaussettes textiles emplies de sable. Début 2007, les élus décidaient de relancer les pouvoirs publics pour financer les travaux envisagés par la société bretonne et qui étaient estimés à 300 000 € (JdP n° 13). Finalement, en octobre 2007, les travaux entraient dans une phase opérationnelle avec la destruction de l’épi (JdP n° 17). Pendant l’hiver, le conseil municipal lançait un appel d’offres pour des travaux de réensablement (JdP n° 18). Parallèlement, il sollicitait le Département pour le lancement d’une étude pour trouver une solution définitive. En janvier 2008, la commune assurait avoir le financement pour les travaux de protection estimés à 300 000 € (JdP n° 19). Le bureau d’études choisit devait alors vérifier le comportement de la plage lors des tempêtes qui s’annonçaient et se pencher également sur la piste de la reconstitution de l’écluse de l’Hirondelle dont beaucoup pensent que l’abandon est à l’origine de l’érosion de la plage. Finalement, quelques mois plus tard, la Diren rejetait l’étude sur la mise en place de boudins géotextiles enterrés les estimant peu fiables (JdP n° 22). Les élus planchaient alors sur la reconstitution de l’épi démonté en amont de la plage estimant que sa destruction avait été une erreur puisque la plage a reculé de dix mètres depuis.
En mars dernier, le dossier de l’érosion de Trousse-Chemise était de nouveau présenté au Conseil général lors du déplacement sur place de Jean-Pierre Tallieu, vice-président du Conseil général en charge de la mer et du littoral. Ce dernier, tout en se disant favorable à des travaux, a tout de même admis qu’il y avait une limite à la bataille contre la nature. «Un jour, il faudra peut-être la laisser faire surtout si aucune construction n’est en danger.»

 
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