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Tourisme - «Ne pas baisser les bras !»
Catherine Senand, directrice d'Ile de Ré tourisme, évoque l’impact de la tempête sur l’activité touristique.
JdP – Avez-vous évalué les conséquences de la tempête Xynthia sur l’activité touristique de l’Ile de Ré ?
Catherine Senand – Nous avons mis un sondage en ligne pour les vacances de Pâques. Sur 50 réponses de professionnels du tourisme, la moitié nous a dit que ça allait très mal, l’autre moitié assez bien, voire très bien. Depuis 10 ans, ca va toujours plus mal que l’année précédente. Alors qui croire ? A force de crier au loup, le moment où ca va vraiment mal, on vous croit moins. Certaines études disent que ça ne sera pas bon pour 2010 avec l’effet « crise ». En plus, il y a eu beaucoup de neige et très longtemps. Les gens ont profité de la montagne un maximum, et ont repoussé leurs séjours sur le littoral. En tout cas, au 27 février, les réservations partaient du feu de Dieu, ce qui nous laissait très optimistes. La tempête est arrivée là-dessus…

Et quelle est la conséquence de la tempête sur les réservations ?
Les habitués viennent quoi qu’il arrive, et ce sont surtout eux qui avaient réservé avant le 27 février. Le problème, c’est que la clientèle mois habituée, forcément plus volatile, n’a pas pris le relais. Or, nous avons besoin de cette clientèle. Les réservations se sont arrêtées. Après, le nuage de cendre du volcan islandais a fait que certains se sont rabattus sur la France et sur des destinations accessibles par le train. Et puis les gens réservent de plus en plus au dernier moment. Donc , c’est encore trop tôt pour dresser un bilan exact. En tout cas, nous savions que ça serait difficile car il n’y a pas eu en mai de long week-end, avec le 1er et le 8 mai qui tombaient un samedi. Honnêtement, une telle accumulation de facteurs défavorables qu’on ne contrôle pas, je n’ai jamais vu ça… Entre ce calendrier des jours fériés, les chutes de neige qui ont incité les gens à privilégier la montagne et le raz-de-marée, ça fait beaucoup… Il ne faut pas baisser les bras pour autant, et voir le bon côté des choses.
 
Justement, de quels leviers d’actions disposez-vous pour tenter d’attirer malgré tout les touristes ?
Déjà, les prestataires doivent offrir l’accueil le meilleur possible. Car un client satisfait va en parler à 10 qui auront envie de venir. Nous avons créé un groupe de « fans » de l’Ile de Ré sur facebook, où plein de gens laissent des messages super sympas. A la même époque en 2009, nous avions réalisé une campagne d’affichage « Yes week-end » à Nantes et Angers. Cette année, nous avons fait du 14 au 21 avril une campagne dans 28 stations du métro parisien, ainsi que sur le tram des Maréchaux et sur les parkings de La Défense. Paris est notre plus grand réservoir. Il fallait rassurer et montrer que l’île de Ré était bien là. Et beaucoup de provinciaux sont également présents à Paris. C’était là qu’on avait le meilleur retour sur investissement. C’est la première fois que nous réalisions une telle opération sur Paris, nous n’avions jamais osé car nous pensions que c’était trop cher pour nous. Nous avons fait preuve de réactivité. La tempête a eu lieu le 28 février, et le 14 mars, la campagne était en ordre de marche.
Nous nous sommes interrogés sur les spécificités de l’île. Nous avons donc mis l’accent sur la Nature, l’écologie, le développement durable.

Les médias se sont tellement fait l’écho de cette tempête que cela parait compliqué de lutter contre les images chocs montrées pendant plusieurs jours…
On ne peut pas dire que la tempête n’a pas existé. Notre métier est d’anticiper et de ne pas en rajouter. On ne peut pas dire que tout va bien. Mais il faut se féliciter de vivre dans un pays civilisé, organisé, où il n’aura fallu que trois semaines pour se remettre d’un tel cataclysme… Après, c’est vrai, qu’il y a un peu moins verdure qu’avant à cause des dégâts de l’eau de mer. Mon plus gros chagrin, et là où c’est le plus stigmatisant, c’est Le Martray. Ca a été dévasté. Les paysages ont un peu changé, mais beaucoup moins qu’après la tempête de 99, où le vent avait détruit. Là, l’eau est rentrée, puis elle est repartie…

Parmi les gros points noirs, il y a quelques campings et surtout l’Atalante. Avez-vous craint pour l’avenir de l’Atalante qui a été très gravement inondé ?
Nous sommes sur un morceau de terre entouré par l’eau. La réalité, c’est que l’Atalante est un établissement touristique qui emploie plus de 100 personnes. On ne peut pas le rayer comme ça d’un trait de plume. Certes, c’est une prise de risque de l’avoir construit à cet endroit, mais vous savez, un établissement peut aussi brûler. Le principe de précaution est excessif. En tout cas, l’Atalante devrait rouvrir le 1er juillet, les commerces du port de Saint-Martin se sont aussi vite remis. Tout sera prêt à 100 % pour l’été…

 
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