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Les moulins à marée
Une des conséquences inattendues de la tempête Xynthia est le coup de projecteur sur le moulin à marée de Loix compris dans la zone noire délimitée par la préfecture. A cette occasion, le public redécouvre l'existence de ce patrimoine local. Le moulin à marée de Loix est l'unique représentant des moulins fonctionnant grâce à l'action de la mer sur l'île de Ré.
Aujourd'hui, les éoliennes ou les hydroliennes (éolienne sous-marine) se développent pour produire de l'électricité grâce à l'action respective du vent ou des marées. Hier, les moulins à vent ou à marée utilisaient la même méthode pour disposer de la force nécessaire afin de broyer les grains récoltés dans l'île ou bien ceux importés. Si les moulins à vent n'ont comme unique fonction que celle de moudre les céréales et de faire de la farine, les moulins à marée ont également une autre vocation. En libérant l'eau retenue après les marées hautes, l'effet de chasse tout en actionnant les roues à aube des moulins permettent une action contre l'envasement des ports. Les fariniers des moulins à eau sont également les garants et les ordonnateurs de ces chasses.
Les moulins à vent sont les plus nombreux sur l’île de Ré. En 1753, un mémoire en mentionne 76 tandis que les moulins à eau ne sont qu’au nombre de 7. Tous servaient à faire de la farine à l’exception du moulin à marée de Loix au cours du xixe siècle.
Le système du moulin à marée est simple. Il est installé au fond d’une baie, d’une anse étroite, d’un havre ou bien au bout du chenal. Les eaux des marées montantes sont emprisonnées par un système de porte et forment une importante retenue d’eau appelée éclusage. A la marée basse, le farinier ouvre les conduits pour permettre une chute importante de l’eau sur les pales pour actionner la roue à aubes. La différence de niveau des eaux permet également une bonne utilisation de l’effet de chasse contre les vases. De même, en de nombreux endroits les chasses produites maintiennent les profondeurs suffisantes des chenaux pour alimenter les marais salants et de permettre aux allèges de venir charger les sels.
Les moulins à marée rhétais ne font pas exception sur la façade atlantique. L’ingénieur Claude Masse, parlant en 1709 de celui de La Rochelle, précise que le «moulin à eau qui moud du reflux de la mer n'est en usage que le long des costes de l’océan, principalement dans les provinces entre la Loire et les Pirénées».
Les premiers moulins à marée de l’île de Ré datent probablement du xiie et xiiie siècle. Depuis, il est avéré que huit moulins à marée ont existé sur l’île et que deux autres sont restés au stade de projets au cours des xixe et xxe siècles. On les retrouve dans toutes les communes de l’île à l’exception de celles de Saint-Clément-les Baleines, le Bois-Plage et La Flotte-en-Ré.
Plusieurs moulins à eau ont existé dans le port de Saint-Martin-de-Ré au gré des transformations des installations portuaires. La plus ancienne mention indique qu'en 1604 un certain «M. de Brancey a fait faire le moulin à eau de l'écluse du havre de Saint-Martin». Dans le Fier d'Ars, deux moulins ont été aménagés.

Retrouvez la suite de cet article dans Le Journal des Propriétaires de l'île de Ré n° 35, en vente dans tous les kiosques de l'île.
 
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