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Tourisme d’affaires : limites et atouts rétais
Directement concurrencée par les infrastructures rochelaises, l’île de Ré accueille surtout les petits séminaires d’entreprises, avec des groupes de 30 personnes maximum, en jouant la carte de l’authenticité.
«Le tourisme d’affaires n’est pas le plus représentatif sur l’île, car il n’y a pas de structures vraiment adaptées. C’est donc souvent limité aux petits séminaires de moins de 25 personnes.» Pour Aude Guillemine, en charge du service «Groupes» à Ile de Ré Tourisme*, le tourisme d’affaires reste cependant une niche à valoriser, notamment en hors-saison, lorsque les touristes se font plus rares. Une aubaine pour certaines structures comme le domaine hôtelier Les Grenettes, à Sainte-Marie. «Les séminaires sont surtout organisés de septembre à novembre et de mars à juin. Cela nous permet de régler le problème de la saisonnalité», reconnaît Benoit Lavergne, le commercial de l’établissement. 
Grâce à une salle de 120 m² (modulable en quatre salles de travail) et une autre de 400 m² (pour 300 personnes et dotée d’une scène), le domaine hôtelier Les Grenettes est, avec les trois thalassothérapies** et Le Clos Saint-Martin, l’un des principaux bénéficiaires de ce tourisme d’affaires. Celui-ci représente aujourd’hui environ 30% de son chiffre d’affaires annuel. «Nous pouvons accueillir des groupes de 200 personnes qui peuvent dormir sur place, mais dans des chambres pour 2 ou 3 personnes. Si on nous demande des chambres individuelles, là, c’est plus compliqué, admet Benoit Lavergne. Dans ces cas-là, j’appelle deux ou trois autres hôtels afin de dispatcher les clients.» Autre exemple : Thalacap, à Ars-en-Ré, peut accueillir 160 personnes au maximum, réparties sur deux salles de 80 personnes.
Alors que La Rochelle possède un grand centre des congrès, l’île de Ré ne possède pas vraiment de salle adaptée. Une grande salle sur l’île de Ré ? «C’est clair que ça serait un gros plus, car beaucoup de séminaires vont actuellement sur Marsilly», répond Aude Guillemine. Cependant, cela ne résoudrait en rien la question de l’hébergement, à l’image de cette entreprise qui a récemment contacté Ile de Ré Tourisme pour un séminaire de 35 personnes avec des chambres individuelles. Seuls l’Atalante, Thalacap, Le Richelieu, Les Grenettes ou Le Clos Saint-Martin peuvent potentiellement répondre à ce genre de demande. Encore faut-il qu’il y ait 35 chambres disponibles aux dates souhaitées.
Autre question pointée par certains : le manque d’attractivité de l’île l’hiver.  «Qu’est-ce qu’il y a à faire sur l’île de Ré ? La plupart des clients potentiels partent pour la neige, explique Benoit Lavergne. Il faudrait donc créer des activités ou des animations originales qui puissent permettre de faire participer 400 personnes, mais à l’abri.» Selon lui, la création d’un nouveau parcours de golf sur l’île, souhaitée par certains professionnels, n’influerait qu’à la marge sur la fréquentation. «On doit avoir une demande sur 10 000 où l’on nous demande un parcours de golf», estime-t-il.
Pour Aude Guillemine, le tourisme d’affaires aurait une autre vertu, raison de plus pour ne pas le négliger : «C’est souvent l’occasion pour certains "séminaristes" de découvrir l’île. S’ils sont séduits, ils auront ensuite envie de revenir avec leur famille. C’est donc aussi un moyen pour attirer une clientèle familiale.»

* Organisme de promotion de l’île de Ré, lié à la Communauté de communes.
** L’Atalante à Sainte-Marie, Thalacap à Ars et le Richelieu à La Flotte.

Photo : Aude Guillemine, en charge du service «Groupes» à Ile de Ré Tourisme.



Ile de Ré tourisme, un rouage important
Il y a quelques années, un certain nombre d’agences évènementielles avaient pour cible le tourisme d’affaires. Mais la plupart n’ont pas perduré. Ile de Ré Tourisme, en tant qu’organisme de promotion, a donc repris le flambeau en privilégiant un travail de collaboration avec les professionnels de l’île. «Le tourisme d’affaires représente aujourd’hui entre 70 et 80 dossiers par an, essentiellement répartis de mai à septembre», explique Aude Guillemine. L’accueil d’un séminaire est loin de se limiter à l’hébergement et à la salle de réunion.
«Beaucoup de professionnels font appel à nous pour la partie "détente". Nous organisons par exemple des balades à vélo avec guides, qui peuvent intégrer un arrêt chez un ostréiculteur avec dégustation d’huîtres ou une visite de l’écomusée avec découverte du marais salant.»
Les demandes concernent essentiellement le côté «authentique» de l’île, avec tout ce qui se rapporte au «terroir». Mais pas seulement. «On nous demande aussi d’organiser des challenges, sous la forme de sorties en catamarans, en canoë ou des rallyes vélos avec des énigmes à résoudre.» A la fin, un cadeau surprise attend les candidats, qui repartent de l’île avec des produits du terroir. «On nous demande beaucoup de paniers garnis. Nous les réalisons en fonction des budgets. Nous allons voir les producteurs de l’île, et nous faisons nous mêmes les paniers avec des bouteilles de pineau ou de cognac, des bières de Ré, etc.», confie Aude Guillemine.
Par ailleurs, cinq à six guides sont employés par l’organisme de promotion afin d’encadrer les différentes activités.

 
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