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Dossier - «Il y aura un avant et un après Xynthia»
La tempête du 28 février 2010 restera dans les annales rétaises comme l’un des pires vimers qu’ait connu l’île, avec deux morts, 1 200 maisons sinistrées et un quart du territoire inondé. Elle marquera également un tournant dans l’histoire de la défense des côtes.
C’était il y a un an. Le 28 février 2010, le jour de la Saint-Romain, c’est le diable Xynthia qui frappe aux portes. Le diable ? Une grosse tempête hivernale, comme les Rétais en ont essuyé tant dans leur histoire. Des vents de 140 km/h ? Il en faut plus pour effrayer un îlien. Sauf que dans cette nuit du 27 au 28 février, tout va mal s’enchaîner. La Nature, qui se moque des probabilités, va réussir cette nuit-là une combinaison rarissime : la conjonction de vents violents, d’une marée de coefficient 102 et d’une pleine mer. Parlez-en à n’importe quel Rétais de souche, il vous dira combien ce «cocktail» est explosif... Le vimer est une spécialité locale dont on se passerait bien. Certaines municipalités, comme Saint-Clément, habituées à vivre sous la menace de l’océan, se préparent à l’évacuation de quartiers entiers en pleine nuit. Résultat : deux morts sur l’île (à La Flotte), contre 29 sur les communes de L’Aiguillon et de la Faute-sur-Mer en Vendée2. Certains parlent de chance. Sauf qu’avec la nature, il n’y a pas de miracles. Non, la «chance» de l’île, c’est d’avoir déjà payé par le passé un lourd tribut à ce phénomène de submersion, et d’en avoir retenu les leçons. Au fil des siècles, l’île s’est protégée avec des digues et s’est dotée en 2002 d’un PPRN qui prescrit, en autres, une surélévation des maisons dans les zones à risques.
L’île de Ré a évité une catastrophe humaine, certes, mais les dégâts sont considérables, avec 1 200 maisons sinistrées et 2 200 hectares de terres inondées, soit près du quart de la superficie de l’île. «Je vis là depuis 43 ans, ce n’est pas la première tempête qu’on essuie, confie Jean-Louis Olivier, le maire d’Ars-en-Ré. On s’attend toujours à quelque chose, mais pas à une telle violence !» Lequel avoue que l’événement n’est pas encore totalement évacué, un an après. «C’est bien ancré, il y a eu un traumatisme réel. On en est vite sorti car il n’y a pas eu de pertes humaines, à part à La Flotte. Mais pas plus tard que la nuit dernière, il y avait encore des images qui revenaient.» Pour Patrick Rayton, son homologue couardais, il y aura «un avant et un après Xynthia». Il y a quelques mois, alors qu’un fort coup de vent se conjuguait à une grande marée, l’élu se déplaça à 5 heures du matin au Boutillon, pour voir si la digue tenait. «Et là, je suis tombé nez-à-nez avec mon adjoint chargé de la mer et du littoral, rigole Patrick Rayton. Se retrouver là en pleine nuit, c’était quand même inattendu !»
Pourtant, passé le «choc» de Xynthia, les élus relativisent, conscients qu’ils ont échappé à un scénario catastrophe. En effet, la plupart des résidences secondaires (plus de la moitié des maisons de l’île) étaient vides à cette période, tout comme les dizaines de campings…

Retrouvez la suite de ce dossier dans Le Journal des Propriétaires de l'île de Ré n° 37, en vente dans tous les kiosques de l'île.

Photos : La Couarde deux jours après Xynthia et le 20 janvier 2011.
 
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