Météo
 
Scot : les associations le veulent plus contraignant
Plusieurs associations de protection de l’environnement* ont écrit au préfet afin de lui faire part de leurs motifs d’inquiétude sur le Scot. Voici les extraits de la lettre.


Le cadre global

En premier lieu, les associations rappellent que «les orientations du Scot (NDLR : Schéma de cohérence territoriale) doivent scrupuleusement respecter les législations et réglementations des espaces naturels maritimes et terrestres, et notamment  l’impossibilité de créer ou d’étendre des ports dans les zones Natura 2000 ou des zones commerciales en zone ND». Elles soulignent au passage qu’«en contrepartie du pont, l’île a été protégée et qu’il n’est pas possible aujourd’hui d’altérer cette protection».
Elles poursuivent en regrettant le caractère «académique» des documents présentés, «simple répétitions des énoncés de la loi» et «vides de sens faute d’y introduire les spécificités rétaises et faute de prescriptions contraignantes que doit aborder le Scot puisque, très vraisemblablement, nous serons dans le cadre du Grenelle II».
Elles concluent en soulignant que «ces documents laissent l’impression que  tout est possible et rien n’est impossible».
       
Tourisme et «saturation»
Concernant ce sujet, les associations n’y vont pas par quatre chemins : «Le problème de la saturation est occulté alors qu’il est primordial.» Partant du constat que le territoire est «proche d’une saturation de sa capacité d’accueil», elles demandent une analyse exhaustive et une prévision de la fréquentation afin de privilégier «un développement plus qualitatif que quantitatif».
Le projet se contente selon elles d’indiquer un contexte «contraignant sans plus», alors que le Scot doit être «précis, fixer des objectifs chiffrés de réduction de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers et préciser les mesures qui permettront d’atteindre ces objectifs». Exemple donné par les signataires : l’hôtellerie de plein air, bien que représentant une population et des surfaces importantes, n’est pas abordée. «Il faut ou il aurait fallu, préalablement, faire faire un constat objectif de la situation, nature des hébergements, mobile homes essentiellement, respect des autorisations d’exploitation et des normes législatives et réglementaires…»
     
Les transports alternatifs
Sur la question des transports, les associations pointent «le manque de réflexion sur la saturation actuelle de la circulation en tous genres. Il faudrait dans un premier temps maîtriser les flux. La CdC souhaite prioritairement mettre en place des transports publics terrestres. C’est sans doute une alternative aux déplacements individuels pour certains trajets (sur le canton sud en particulier) mais on connaît aussi les déficits financiers importants et récurrents que génèrent dans certaines agglomérations un développement excessif de ce type de transport.»
Elles s’inquiètent également de l’utilisation future de l’écotaxe liée au pont «pour laquelle nos associations se sont battues» et qui ne doit pas «être engloutie pour des années dans un projet trop angélique et mal calibré, au détriment de la défense du patrimoine maritime qui a besoin de ressources pérennes».
Les associations regrettent en outre que le sujet des liaisons maritimes paraisse «écarté». «Pourtant en haute saison des solutions, bateau ou bateau/vélo pour des visiteurs occasionnels sur des axes tels que Vendée/les Baleines ou Les Portes/passage vers Loix/Saint-Martin peuvent avoir un sens dans le canton nord et mériteraient d’être étudiées.»

Lutte contre l’érosion et la submersion marine
Pour montrer leur inquiétude sur le sujet, les associations déplorent que dans la présentation du PADD, qui comprend 87 diapos, une seule soit consacrée au sujet de l’érosion (diapo 74 dans le volet maritime en fin de présentation) et se contente d’indiquer un souhait d’établir quelques orientations «en cohérence avec la mission Littoral créée par le CG17 et le plan digue de l’Etat».
Le ton est cinglant : «C’est à se demander si les rédacteurs du PADD ont entendu parler de Xynthia, s’ils sont allés observer l’érosion rapide et spectaculaire de sites touristiques exceptionnels comme la conche des Baleines ou Trousse-Chemise.» Avant d’ajouter : «On s’étonne fortement que ce point central et urgent ne soit pas le préliminaire à tous les autres. L’objectif numéro un du Scot ne devrait-il pas être d’assurer la pérennité du territoire en se préoccupant de sa protection dans le temps ?»
Sans attendre les travaux en cours de la mission Littoral du Conseil général et ceux de la phase 3 du plan digue, le Scot doit avoir, selon les associations de protection de l’environnement, «des orientations fortes et des objectifs précis en ce qui concerne : la défense des côtes, la lutte contre l’érosion des cordons dunaires, les problèmes d’envasement du fier d’Ars et de la fosse de Loix».
Certes, les associations reconnaissent deux points positifs : les orientations et moyens proposés pour la préservation et l’entretien du marais à travers le CRE ZH, et l’action de la Communauté de communes dans la prise en charge du problème des digues. «Mais il [ndrl, le problème] demeure pour les dunes. Une protection partielle finira par ne plus même avoir d’intérêt si ce qui est protégé à l’ouest par les digues est détruit au nord par l’érosion des dunes qui entraîne la disparition des plages.»

*Les signataires : ASSIP, APSSC, Association pour la protection de Loix, Amis de l’île de Ré, Saint-Martin sauvegarde, Association pour la protection des sites de La Couarde, Re-Nature environnement, Nature environnement 17, Poitou-Charentes Nature environnement.
Dix associations de protection de l’environnement se sont réunies le 30 décembre pour définir une position commune sur le Programme d’aménagement et de développement durable (PADD) du Scot de l’île de Ré en cours d’élaboration par les élus de la Communauté de communes. Cette réunion suivait l’envoi d’un courrier, début décembre, au préfet et au président de la Communauté de Communes.
 
Immobilier et partenaires