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Dossier immobilier - L’île de Ré dans sa bulle
Micromarché très connecté à la région parisienne, l’immobilier rétais affiche des prix supérieurs de 40% à sa voisine rochelaise. Analyse des spécificités d’un marché pas toujours rationnel, mais qui attire toujours autant.
De l’avis de tous les professionnels, en dépit des répercussions de la crise économique , l’île de Ré séduit toujours autant. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Ce qu’on vient chercher sur l’île de Ré ? Un microclimat, un cachet architectural, des espaces naturels et la convivialité. Bref, un lieu idéal pour se retrouver en famille, une sorte de refuge permettant de conjuguer la simplicité d’une balade à vélo ou d’un bain de mer avec le plaisir de partager un apéritif au bord de la piscine. L’agence ORPI de la Flotte l’a bien compris, en prenant pour slogan «le luxe passe par la simplicité». En cette période de crise économique, où le luxe ostentatoire est vu d’un mauvais œil, l’île de Ré, protestante dans l’âme, a de quoi séduire… «Je ne crois pas que l’on vienne ici pour couper les ponts. C’est plus un besoin de retrouver les gens avec qui on partage les mêmes centres d’intérêt, voir les gens qu’on apprécie, mais dans un contexte différent. C’est une sorte de petit Paris», estime Chrystelle Longeville, responsable de l’agence Orpi de La Flotte.
Lorsqu’on l’interroge sur les spécificités du marché immobilier rétais, maître Perreau-Billard, notaire à Saint-Martin-de-Ré, résume ainsi la situation : «C’est une île, c’est une bulle, et c’est le 21e arrondissement de Paris.» Pascal Frigière, gérant des agences Saint-Yves, confie que 80% de sa clientèle est parisienne. Du coup, cette particularité crée une grande proximité avec le marché parisien. Maître Perreau-Billard parle même de quasi «simultanéité» entre les deux marchés. Du coup, lorsque le marché parisien repart à la hausse, comme ce fut le cas l’an dernier, l’île de Ré suit la même pente. «Ceux qui vendent à Paris disposent d’un capital plus important, en raison des prix, et investissent pour certains sur l’île de Ré.» A l’image de ce couple de retraités qui vient de vendre sa résidence principale à Paris, puis qui a réinvesti l’argent dans un petit appartement dans la capitale (histoire d’y conserver un pied-à-terre) et dans une maison sur l’île de Ré.

Peu de concurrence
Quand quelqu’un investit dans une résidence secondaire, trois critères entrent en jeu : le climat, la qualité du cadre, et l’accessibilité. L’île, qui y répond parfaitement, n’a donc pas vraiment de «concurrente» : là où Ré la blanche cultive la discrétion avec ses stars invisibles, la Côte d’Azur attire une clientèle plus «bling-bling». Et sur la côte Atlantique, elle séduit de plus en plus. Pour preuve : l’arrivée depuis quelques années des Girondins sur l’île de Ré, eux qui privilégiaient jusqu’alors le Bassin d’Arcachon ou le Pays basque. «Le Pays basque est aujourd’hui très cher, et le climat y est assez pluvieux. Quant au Cap Ferret, c’est invivable l’été. Comme c’est un cul de sac, il y a énormément de bouchons. Pour les Bordelais, il faut presque moins de temps pour venir sur l’île de Ré !», avance Gérard Constancin, de l’agence Immob’île en Ré. Pour compléter le tableau, il convient d’ajouter une riche bourgeoisie issue d’un rayon de 300 kilomètres, notamment de départements limitrophes comme les Deux-Sèvres, la Vienne, l’Indre-et-Loire, ou de régions proches comme le Centre. Côté étrangers, la haute société belge a depuis longtemps ses habitudes ici. Quant aux Britanniques, qui avaient «envahi» l’île en pleine période d’euphorie (2002-2007), ils sont partis en masse ces trois dernières années, victimes de la dévaluation de la livre face à l’euro et de la crise économique de 2008. Mais d’après plusieurs professionnels, ils commenceraient à (re)pointer le bout de leur nez.

«Comme le marché de l’art»

Cet attrait, conjugué à la petitesse du territoire et à des normes d’urbanisme relativement strictes, a entrainé une inflation presque continuelle des prix, de l’ordre de 10 à 15% par an entre 1997 et 2007. «Les gens étaient un peu sur leur petit nuage, on atteignait parfois des prix délirants», commente Pascal Frigière. Un autre agent immobilier estime que les prix échappent parfois à toute rationalité, dans la mesure où le marché rétais, loin d’être en adéquation avec un bassin d’emploi ou une réalité économique, correspond davantage à «l’achat plaisir» et au coup de cœur. «C’est un peu comparable, par certains côtés, au marché de l’art», avance ce professionnel.  La crise de 2008 a permis de dégonfler cette bulle, surtout sur les biens d’entrée de gamme qui étaient parfois largement surévalués : sur la période 2008-2009, les professionnels ont constaté une baisse de 10 à 20% sur les biens «d’entrée de gamme» (250 000 à 400 000 €) et un «ralentissement de la hausse» sur le haut de gamme. Globalement, après une bonne année 2010, malgré l’épisode Xynthia, 2011 devrait permettre de retrouver les niveaux d’avant-crise.

Retrouvez la suite de ce dossier dans Le Journal des Propriétaires de l'île de Ré n° 39, en vente dans tous les kiosques de l'île.
 
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