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Dix façons originales de découvrir l’île de Ré
Nous avons sélectionné puis testé une dizaine d’activités de plein air, à la fois ludiques et culturelles, qui révèlent chacune à leur manière l’âme et les spécificités rétaises. Petit guide pour ne pas bronzer idiot cet été.
Sortie «découverte de la faune et de la flore»

Le petit groupe se retrouve sur la plage de Montamer, encadré par trois bénévoles de la Ligue pour la protection des oiseaux ( LPO ). La visite débute par une petite leçon de géographie : à l’horizon, se détache sur la droite le phare de Chassiron, planté au bout de l’île d’Oléron. Plus au sud, l’île d’Aix et le Fort Boyard. Mais aujourd’hui, c’est bien le ciel qui intéresse les visiteurs, et un premier volatile, majestueux, vient tournoyer au-dessus de nos têtes, comme pour lancer le spectacle. «C’est un milan noir, pas le royal qui vit davantage dans les collines. En France, il n’y a que 6 ou 7 espèces d’une envergure supérieure à 1,30 m», annonce l’animateur. Puis un tournepierre prend le relais, suivi d’un héron cendré. Stéphane Maisonhaute, l’animateur de la LPO, rappelle que la plupart des oiseaux, lors de la migration, passent par le détroit de Gibraltar, qui offre alors un spectacle grandiose au printemps. «Comme la plupart des oiseaux ne savent pas nager, ils préfèrent longer les côtes, quitte à faire de grands détours.»
La visite se poursuit par l’arrière dune, afin d’observer les petits oiseaux des parcs et jardins. Tout de suite, on assiste à un festival de chants divers et variés. «Prenez le temps d’écouter, c’est quelque chose qui fait vraiment du bien», encourage l’animateur. Mésanges, pinsons, serins… Les oiseaux se relaient dans un ballet majestueux. Certes, les espèces sont communes, mais ce qui est moins commun, c’est de prendre le temps de les observer. Puis on apprend à distinguer l’hirondelle rustique de celle des cheminées. «Les premières hirondelles, on les observe au printemps autour de la station d’épuration et des mares, savez-vous pourquoi ?», questionne le bénévole de la LPO. Réponse : elles prennent des boulettes de vase pour construire leurs nids. Soudain, un passereau (réputé pour la beauté de son chant) hausse le ton. «Qu’est-ce qu’il est en train de dire ?», s’interroge un visiteur à haute voix. «Qu’il est le plus beau !», rigole l’animateur. Lequel avance que les sons sont sûrement liés à des questions de territoire, de reproduction et de migration.
A quelques mètres du groupe, un oiseau peu farouche joue au funambule sur une branche. Chacun remarque des barres jaunes sur le plumage. «Il n’y a pas 50 espèces en Europe avec ces barres jaunes caractéristiques : c’est un chardonneret.» Grâce aux longues-vues, chacun peut admirer la beauté de ce petit oiseau d’une dizaine de centimètres, avec son masque rouge distinctif. Arrivé d’Afrique du Nord probablement à la mi-mars, un petit passereau jaune, avec son chant en «si-si-si» aigu attire notre attention : «un canari !», avance un observateur. En fait, c’est un serin cini, cousin hybride du serin des Canaries, que l’on appelle communément (mais de façon impropre) «canari». «Oh, là-bas, une puput !», s’exclame un connaisseur. Plumage orangé, barré de noir et blanc sur les ailes et la queue, et surtout une superbe touffe de plumes érectile, longue, orange, se finissant par du noir. C’est une huppe. L’origine onomatopéique tirée de son chant («houp-oup-oup») lui a valu son nom dans beaucoup de langues. Appelée «bout bout» dans le centre de la France, elle est aussi nommée «pue pue» dans certaines régions, allusion à la mauvaise odeur de son nid. L’injure «salope» (pour «sale huppe») viendrait également de cet oiseau, dont les fientes très odorantes permettent de repousser les prédateurs… Si elle profite à Sainte-Marie des nombreux vieux murets pour nidifier, l’usage des insecticides la mette en danger. «On dénombrait 150 couples dans l’île de Ré dans les années 80. En 2005, on en a comptabilisé une vingtaine», souligne Stéphane Maisonhaute. C’est donc un privilège d’observer cet oiseau magnifique, avec son port altier si caractéristique. «Elles rendent hommage à ceux qui viennent contempler la nature.»
L’animateur en profite pour sensibiliser au problème des plantes invasives, qui, à partir des jardins domestiques, finissent par coloniser le milieu naturel. A l’image du bambou, du renouée (plante asiatique poussant comme une liane) ou de l’arroche qui étouffe à certains endroits l’atriplex (plante du «milieu» qui permet de briser le vent). On apprend que le panicaut, appelé communément chardon bleu, appartient à la famille des carottes. Cette espèce protégée, dont les racines sont très profondes (pour aller chercher l’eau), est très précieuse dans la stabilisation des dunes. Cette visite passionnante se termine en bord de mer, où l’animateur explique au groupe l’importance de la laisse de mer (les algues présentes sur la plage) dans laquelle le sable vient s’accumuler, lançant ainsi le processus des bourrelets dunaires. Il insiste donc sur l’importance de ne pas «nettoyer» les plages, n’en déplaise aux touristes. C’est tout un écosystème fragile qu’il convient de préserver…

Les 11 août, 1er septembre, 8 septembre, 15 septembre et 22 septembre, de 9h à 11h. Départ de l’Ancre maritaise, plage de Montamer. Renseignements et réservations au 05 46 55 41 38.

Retrouvez la suite de ce dossier dans Le Journal des Propriétaires de l'île de Ré n° 39, en vente dans tous les kiosques de l'île.
 
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