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Rivedoux - Holcim : les collectivités lancent le recours en contentieux
La commune de Rivedoux et la Communauté de Communes ont décidé de lancer un recours en contentieux dans le dossier Holcim, le grand cimentier qui souhaite implanter une unité de broyage sur le site de l’anse Saint-Marc du port de la Pallice, face à Rivedoux. Pour les collectivités, il était déjà trop tard pour agir contre le permis de construire, délivré par la ville de La Rochelle : les travaux de terrassement sont en cours et la première pierre pourrait être posée en début d’année 2012. Du coup, les collectivités doivent lancer, d’ici la fin du mois de novembre, une procédure contre le permis d’exploitation, accordé par la préfecture. Patrice Raffarin, le maire de Rivedoux, a toujours affirmé son opposition à ce projet concernant l’impact visuel. Au niveau de l’impact environnemental, il s’inquiète de l’effet cumulatif, c’est-à-dire l’effet des rejets de l’usine Holcim dans le temps, ajoutés à la pollution de l’air déjà existante. «S’il y avait uniquement l’unité de broyage seule, ça ne m’inquiéterait pas. Mais là, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase», explique le maire de Rivedoux.  D’autant que le port avait plutôt jusqu’alors orienté son activité sur le transit plutôt que sur des unités de transformation comme Holcim.
Il affirme aussi depuis quelques mois avoir reçu des garanties de la part de l’industriel, qui lui a même proposé d’installer des capteurs à Rivedoux afin de contrôler les rejets. Des positions modérées, qui en agacent certains, mais que Patrice Raffarin revendique au nom de «l’honnêteté intellectuelle». «Je ne peux quand même pas dire le contraire de ce que je pense, c’est-à-dire que j’ai eu des réponses à des questions qui m’inquiétaient.» Des tensions sont apparues, notamment avec l’association Mat-Ré, particulièrement remontée contre le projet. Son président, Frédéric Jacq, reprochait dans le numéro 38 du Jdp la lenteur de la prise de la décision politique. «En février 2010, Rivedoux a reçu l’obligation d’afficher l’enquête publique. La première réunion a eu lieu le 3 décembre, soit la veille de l’autorisation préfectorale accordée à Holcim pour le permis de construire.» Le président de l’association Mat Ré reproche en effet au maire de Rivedoux un défaut d’affichage lors de l’enquête publique, Rivedoux ayant été inclue dans le périmètre de l’enquête en raison de sa proximité avec la Pallice. L’enquête publique d’un mois ayant débuté le 22 mars 2010, elle s’est conclue le 22 avril. Dès le 30 avril, le Conseil municipal s’est réuni pour prononcer un avis défavorable. Certains affirment que le conseil municipal n’aurait pas délibéré à cette date sur le projet. «Un procès-verbal a été fait par la police municipale. J’ai ce document, confirme Patrice Raffarin. Je ne sais pas ce qu’on cherche, peut-être une faille pour faire tomber l’enquête publique ? S’il y a un vice de forme, à la limite pourquoi pas. Mais là, je ne comprends pas, d’autant que l’avis est purement consultatif», s’interroge Patrice Raffarin. Lequel rappelle que la première réunion publique organisée sur l’île, en novembre 2010, le fut à l’initiative des élus rivedousais.
«Nous sommes dans le même combat mais le manque de rigueur scientifique m’agace un peu. Et je pense que nous devrions mettre en commun notre énergie pour être plus efficace, explique le maire de Rivedoux.  J’ai l’impression, par exemple, que Frédéric Jacq a décidé de me cibler plus qu’Holcim. Je ne sais pas par qui il est piloté, mais il se trompe de cible.» Les choses pourraient même aller plus loin : «Ça ne me gêne pas d’être attaqué, ce qui m’embête, ce sont les mensonges et je n’exclus pas une plainte en diffamation si certaines rumeurs continuent à être propagées.»
En attendant, après Holcim, un nouveau projet pourrait lancer une nouvelle polémique : la création d’un nouveau silo dans le port de la Pallice, avec une enquête publique qui a été lancée le 18 novembre…

Une procédure longue
Ce recours pourrait être traité d’ici un an par le tribunal administratif. S’il y a appel, il faudra compter un an de plus. Enfin, si l’affaire passe devant le Conseil d’Etat, cela pourrait prendre deux années supplémentaires. Autrement dit, l’usine Holcim sera depuis longtemps en exploitation, et on imagine mal le tribunal demander sa destruction…

 
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