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La Flotte - Victimes de la rumeur
Quand une affaire supposée de mutilation de chats fait deux victimes collatérales, désignées à la vindicte populaire… Katia Vidouta, médecin, et Michèle Coindeau, présidente d’une association de défense des animaux, ont porté plainte.
 

Au départ, l’histoire est somme toute banale. Depuis plusieurs mois, quelques disparitions de chats sont signalées sur la commune. Plus inquiétant, certains Flottais dénoncent des mutilations dont auraient été victimes leurs matous. Michèle Coindeau, en tant que présidente de l’Association des animaux flottais (Adaf), est la première à s’en émouvoir. «La plupart de ces affaires m’ont été rapportées, je n’ai donc pas de preuves. Mais je peux certifier que j’ai vu de mes propres yeux trois chats énucléés et un chat éventré.» Devant cette recrudescence inquiétante, elle décide d’en avertir par courrier le maire de La Flotte, Léon Gendre. «Le maire m’a répondu par courrier qu’il était au courant, et qu’il avait fait un dépôt de plainte à la gendarmerie. Il m’a indiqué aussi qu’il avait autorisé une marche le 11 décembre à La Flotte.» Tout naturellement, elle décide de prendre part à cette marche organisée pour dénoncer les tortures faites aux chats. Sauf que la marche «blanche» en question prend très vite des allures de règlements de compte, certains se laissant aller à des attaques ad hominen. Marie-Céline Bouyer, comportementaliste pour chats et membre bénévole de l’Adaf, a participé à cette marche «pacifique». Elle n’en est toujours pas revenue. «Quand nous sommes passés devant la maison de Katia Vidouta, quelqu’un a dit : “Son mari a tué le chat de ma fille, c’est un tueur de chats !”» Katia Vidouta n’est autre qu’un des quatre médecins de La Flotte. Impossible par définition de savoir qui a lancé cette rumeur (et quand), toujours est-il qu’elle a fini par pourrir la vie de ce médecin généraliste. Plus grave encore : un matin, elle retrouvait une croix gammée peinte sur sa porte. Excédée par cette rumeur et par ces menaces à peine voilées, elle décidait fin décembre de fermer son cabinet et de quitter l’île de Ré… Ce fut la première victime collatérale de cette histoire de chats.
Deuxième cible donc, Michèle Coindeau. Durant la marche du 11 décembre, elle entend des ragots nauséabonds à son encontre, dont celui-ci : «Oui, c’est comme cette madame Coindeau qui fait des trafics de chats pour les emmener dans des laboratoires en Suisse.» Installée depuis vingt ans sur l’île, née de mère anglaise et de père rochelais, la présidente de l’Adaf n’en revient pas. C’en est trop, d’autant que la tombe de son fils a été quelques jours plus tôt profanée. «Des fleurs ont été arrachées, des pots et une plaque cassée», confie-t-elle. Elle fait le lien entre les deux affaires, et décide le 12 décembre de déposer plainte à la gendarmerie pour dénonciation calomnieuse (avec des personnes de la commune nominativement citées) et violation de sépulture. Aujourd’hui, elle se dit prête à aller «au bout pour laver son honneur». Cela va plus loin : elle avoue ne pas se sentir en sécurité dans la commune. Marie-Céline Bouyer en est atterrée, elle qui connait le dévouement de Michèle Coindeau pour son association. «Après vingt ans de vie, de liens sociaux dans le village, elle est salie. Ça va trop loin, c’est plus grave qu’une histoire de chats même si je suis la première à défendre la cause des chats. On met vingt ans de vie à la poubelle sur des rumeurs infondées. Pour moi, c’est innommable !»
 
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