Météo
 
Histoire - Le naufrage mortel du Cristina Rueda
Le 25 février 1925, l’île de Ré connaissait l’un des plus graves naufrages de son histoire, avec la mort de 19 marins, dont cinq sauveteurs.
 Nous sommes le dimanche 22 février 1925. Le Cristina Rueda, cargo-vapeur battant pavillon espagnol, vient d’embarquer des dizaines de tonnes de superphosphate à proximité de Saint-Nazaire, qu’il doit acheminer à San-Sébastien. Un voyage relativement banal pour ce genre de bateau, qui met habituellement une trentaine d’heures pour rallier le pays basque. Sauf qu’en ce 25 février, rien ne va se passer comme prévu. Déjà, les conditions météos sont mauvaises avec un vent fort. Ensuite, un fort coefficient de marée, supérieur à 100, est prévu le lendemain. Vers 15h, le capitaine du navire, Marcelino Monasterio, décide, malgré ces mauvaises conditions, de larguer les amarres. Le navire passe au large de l’île d’Yeu au milieu de la nuit puis des Sables-d’Olonne au lever du jour, le lundi matin. Au même moment, une violente tempête sévit sur l’île de Ré. Déjà, le cargo a, semble-t-il, commencé à dériver dangereusement vers l’est, s’éloignant de plusieurs miles de son cap initial… Avarie à bord ? Conséquences de la tempête ? Volonté du capitaine de dérouter le cargo vers la côte pour se mettre à l’abri ? Ou cause multifactorielle ? Toujours est-il que le Cristina Rueda est si mal en point qu’il se retrouve embarqué, à son insu, dans le pertuis d’Antioche. Soudain, aux alentours de 20h, c’est l’avarie totale. Le bateau, privé de gourvernail, est désormais à la merci de la houle. Quelques heures plus tard, il vient se fracasser au large du Bois-Plage, face à l’écluse des Fontaines. Alors qu’une des deux baleinières de sauvetage est emportée par les vagues, les 19 membres d’équipages tentent de mettre la deuxième à l’eau. Quand deux marins ont pris place à bord, celle-ci est emportée à son tour par la furie des éléments. Au petit matin, un des deux marins, complétement épuisé, vient frapper à la porte d’une famille boitaise, qui comprend alors le drame qui se joue. Son collègue sera retrouvé évanoui sur la plage quelques heures plus tard, mais vivant… Aussitôt, les secours sont alertés par la municipalité. Un sacré concours de circonstances va alors retarder le sauvetage des 17 marins prisonniers du Cristina Rueda. A la Pallice, le canot à moteur de la Société centrale de sauvetage des naufragés connaît à son tour une avarie au moment de sa mise à l’eau. A La Rochelle, les Hospitaliers-Sauveteurs-Bretons préparent le canot Commandant-Viort, avec huit hommes à bord, mais la marée basse les empêche de mettre le canot à l’eau ! Dès lors, il ne reste qu’une solution : l’Armand-Forquenot, canot à rames et voiles des sauveteurs de Saint-Clément-des-Baleines, alerté vers 9h.

Retrouvez la suite de cet article dans Le Journal des Propriétaires de l'île de Ré n° 43, en vente dans tous les kiosques de l'île.
 
Immobilier et partenaires