Météo
 
Quand les sauniers misent (encore plus) sur le soleil
Projet pionnier sur l’île de Ré, le hangar de la coopérative des sauniers d’Ars-en-Ré sera équipé de 1 000 m2 de panneaux photovoltaïques, qui fourniront en énergie propre l’équivalent de 107 foyers.
La base du métier de saunier, c’est le vent… et le soleil. Une lapalissade certes, mais indispensable pour comprendre l’intelligence du projet des sauniers de l’île de Ré. «Le sel est produit par évaporation de l’eau de mer grâce au soleil, rappelle Gérard Maître, directeur de la coopérative des sauniers d’Ars-en-Ré. C’est quelque chose de très simple, et de très écolo.» Le hangar, qui abrite l’activité de conditionnement, est un bâtiment des années 60, avec une toiture vétuste. En 2008, se pose la question de la rénovation des 1 800 m2 de toiture. Dans leur profession de foi, les sauniers coopérateurs avaient exprimé depuis longtemps l’objectif de produire de l’électricité renouvelable. L’idée de tirer parti des éléments est sûrement plus dans leur gênes que chez le commun des mortels. «Cela nous permettait d’être encore plus en phase avec ce que nous sommes, avec notre métier et notre image, explique le responsable de la coopérative. Nous avons étudié la faisabilité technique et économique. Le but n’était pas de faire de l’argent, mais on s’est dit que la pose de panneaux photovoltaïques pourrait payer la rénovation.»
Avec sa forme ovoïde, le bâtiment est particulièrement adapté pour ce type de projet : inclinaison parfaite face au soleil et orientation sud-ouest idéal. Au niveau esthétique, cela ne pose pas de problème car ce bâtiment atypique a toujours été en avance sur son temps. Avec les panneaux solaires, cela va le conforter dans son côté avant-gardiste et lui donner une nouvelle jeunesse. «Depuis 50 ans, il fait désormais partie du paysage rétais», souligne Gérard Maître. D’ailleurs, la mairie et l’Architecte des bâtiments de France ont donné leur accord sans sourciller.
Projet retardé

Si le projet est resté dans les cartons depuis quatre ans, c’est en raison du moratoire sur le photovoltaïque décidé par le gouvernement en 2009. «Il a stoppé d’un coup les aides en dépit des engagements pris par la France en matière d’énergies renouvelables, explique le directeur. Du coup, ça a fait capoter le projet.» Outre les aides, beaucoup plus faibles, le prix de rachat de l’électricité photovoltaïque par EDF a été revu largement à la baisse, de l’ordre de 30%. «Grâce au soutien du Conseil régional, nous avons pu remonter tout le dossier. Ségolène Royal a créé le fonds de résistance photovoltaïque pour permettre aux entreprises de poursuivre leur projet.» Pour la coopérative, il prend la forme d’un prêt de 60 000 € à taux 0, à rembourser dans les quinze ans. Le reste est bien-sûr à la charge des coopérateurs, soit 290 000 € d’investissement, pour lequel un emprunt a été contracté sur quinze ans. Après, c’est au soleil de faire le reste. Mais avec le rachat par EDF du kilowatt/heure à 0,28 €, l’investissement pourrait être amorti d’ici une dizaine d’années. A noter que les panneaux utilisés, de dernière génération, sont conçus en aluminium et en silice, et sont 100% recyclables.  
Techniquement, la coopérative sera raccordée au réseau d’ERDF, et l’électricité «propre» réinjectée en totalité sur le réseau. Mais il y a de fortes chances que cette électricité soit consommée dans le canton nord. Quoi qu’il en soit, la coopérative devrait fournir l’équivalent de la consommation de 107 habitants sur un an (hors chauffage), soit l’équivalent de 10% de la population d’Ars-en-Ré…
 
Immobilier et partenaires