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Economie - L’île veut surfer sur la vague des paquebots
Grâce aux croisières, le trafic passagers progresse depuis 10 ans au port de La Pallice. Une manne pour l’économie locale, dont Ré tente, depuis peu, de profiter.

«C’est une manne énorme, les retombées économiques sont extrêmement importantes. A La Rochelle, les escales de paquebots sont très attendues.» Dominique Blanchard, président de l’association Escales Atlantique, évoque un phénomène en constante progression depuis une dizaine d’année, avec une multiplication par deux du nombre de passagers faisant escale au môle de La Pallice entre 2000 et 2010, selon un rapport du Conseil national du tourisme. En 2011, à La Pallice, 23 paquebots ont débarqué près 36 500 passagers, soit l’équivalent de la population de Lens. Certes, ce chiffre est à relativiser au regard de la rapidité des escales, les navires arrivant en principe à 9 heures et repartant à 18 heures. Mais quand on sait que les plus gros paquebots transportent de 3 500 à 4 000 passagers, c’est une petite ville qui débarque à chaque fois, avec son lot de touristes – britanniques et allemands pour la plupart – qui viennent dépenser leur argent dans les commerces locaux.

Lorsqu’ils mettent pied à terre (c’est le cas de 80% des passagers), les touristes ont déjà fait le choix d’une des cinq excursions proposées par le tour opérateur : marais poitevin, pays du Cognac, Côte de Beauté, combiné La Rochelle-île de Ré, et île de Ré seule. Selon leur destination, ils sont répartis dans des bus spécialement affrétés par la compagnie. Pour l’ensemble de la saison 2011, ce sont 43 autobus qui ont rejoint l’île de Ré, avec 40 à 50 passagers en moyenne. Soit 2 000 personnes, ce qui peut paraître faible au regard des 150 000 personnes qui fréquentent l’île de Ré en haute saison. Mais d’après certaines études de la CCI, ces amateurs de croisières dépenseraient en moyenne 100 à 150 € lors de l’escale rochelaise, soit une manne potentielle de 300 000 € par an pour l’île de Ré. 


45 min chrono pour visiter Saint-Martin


Selon Dominique Blanchard, les îliens ont pourtant longtemps «boudé» des escales considérées comme un épiphénomène touristique. «Les Rétais sont un peu fermés et ont leur propres idées sur le tourisme. Comme les paquebots accostent à La Rochelle, ils considéraient que cela ne les concernait pas. Mais ils se sont rendus compte a posteriori que cela pouvait constituer une grosse manne. Du coup, ils commencent à jouer le jeu.» 

Il faut dire que les visites se font souvent au pas de course : 4 heures pour découvrir les 85 km2 rétais. Un professionnel de l’île parle même de «tourisme à la japonaise», avec une découverte express de quelques incontournables : phare des baleines, Ars-en-Ré, marais salants et port de Saint-Martin. Autrement dit, les touristes passent plus de temps dans le bus que dans les boutiques. Du coup, l’arrêt à Saint-Martin-de-Ré, d’environ 45 minutes, fait figure d’aubaine. «C’est plus un survol de l’île de Ré. On essaye d’optimiser la visite de Saint-Martin, car c’est la seule vision que les croisiéristes auront de l’île de Ré», explique Catherine Senand, directrice d’Ile de Ré Tourisme. Depuis peu, les dates des escales sont communiquées aux commerçants, et des affichettes destinées aux passagers devraient bientôt apparaître sur les vitrines. «Les commerçants martinais ont aussi bénéficié de sessions d’anglais, en collaboration avec la Communauté de communes. Il s’agit d’être efficaces en 45 minutes», affirme Catherine Senand. 

Si les retombées à court terme restent donc modestes, il s’agit avant tout de capitaliser pour l’avenir, en donnant la meilleure image qui soit. «L’essentiel est de leur donner envie de revenir et qu’ils se disent que ça serait sympa de passer des vacances ici. C’est pour nous un investissement à long terme.»

 
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