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L'Unesco a dit oui
Le 7 juillet, le réseau des sites majeurs de Vauban a été ajouté à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. La citadelle, l'enceinte urbaine et la vieille ville de Saint-Martin-de-Ré figurent parmi les douze sites majeurs retenus.

 

En 2004, donc, quatorze communes (au final les sites de Bazoches et du Palais ont été retirés de la candidature) ont décidé d’inscrire les fortifications de Vauban sur la liste du Patrimoine mondial. Pour la commune de Saint-Martin-de-Ré, sont concernées l’enceinte urbaine, la citadelle et la vieille ville. L’idée étant de faire reconnaître la diversité et la richesse de ces fortifications. Les douze sites, considérés comme les plus représentatifs des fortifications de Vauban, forment le premier système entier et rationnel de défense des frontières françaises, maritimes et terrestres. Le réseau des sites majeurs de Vauban, présidé par Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, a réussi à convaincre l’Etat et, le 5 janvier 2007, Renaud Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture et de la Communication annonçait la décision du gouvernement de proposer le dossier «l’œuvre de Vauban» pour son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. A charge pour les communes candidates de dresser un plan de gestion, outil méthodologique indispensable pour assurer la bonne gestion du label. Parallèlement, l’association l’Etoile de Vauban, présidée par Charles Berling, comité de soutien à la candidature, était créée pour œuvrer localement en faveur de cette inscription. En septembre dernier, un expert mandaté par l’International Council on monuments and sites était présent à Saint-Martin. Un rapport complet étant ensuite transmis à l’Unesco. Finalement, «l’œuvre de Vauban» a été choisie et devient ainsi le 32e site du patrimoine mondial en France. Si l'inscription n’apporte pas de fonds spécifiques de la part de l’Unesco, elle marque une reconnaissance prestigieuse et contribue également à modifier le regard des visiteurs et des institutions sur un patrimoine qui reste souvent méconnu et par conséquent difficile à préserver.

Comme on le souligne au service patrimoine de la mairie, «cette labellisation est un engagement moral des collectivités propriétaires et de l’Etat puisque c'est lui qui a présenté le dossier auprès de l’Unesco. On peut imaginer et espérer que l’Etat sera désireux de voir se poursuivre les actions de rénovation et d’entretien qui restent à faire sur les fortifications. Les dossiers de subventions devraient en toute logique être examinés avec bienveillance.» En effet, ce label doit permettre de reconnaître le travail effectué dans le passé – les premières rénovations ont été engagées dans les années 70 sur les portes de ville, classées en 1925 –, il doit également encourager les réhabilitations futures. Concernant l’urbanisation, cette inscription ne va pas modifier les règles établies. «Concrètement, cela ne change rien. La commune est la plus protégée de l'île. Demain, il ne sera ni plus simple ni plus compliqué d’obtenir un permis de construire dans la commune. Ce ne sont pas des réglementations internationales qui vont régir l'urbanisme locale. Le dossier s’est basé sur les textes d’urbanisme et de protection qui existent déjà, aucun n’a été ajouté.» De la même façon, l’annonce de ce classement n’a pas encore eu d'effet visible dans la commune. Les visiteurs, actuellement sur l’île, ne sont pas spécialement venus pour les remparts martinais mais pour les plages. Par contre, dès la fin de l’été, une nouvelle vague de touristes plus intéressés par le patrimoine et sa conservation devrait déferler.

Satisfaction à la mairie

Patrice Déchelette, le maire, avoue sa satisfaction au lendemain de cette inscription. «C’est une merveilleuse aventure, 14 sites qui travaillent ensemble, 12 qui sont à l’arrivée, c’est quelque chose de très bien. Maintenant le travail commence, il va falloir s’adapter pour gérer les sites, les valoriser et surtout conserver toute l’attractivité du site qui va susciter un certain engouement pour les touristes. Il est impossible de dire quel sera l’impact du classement sur le volume de la fréquentation touristique, mais nous aurons sans doute une clientèle internationale plus importante que ce que nous avons actuellement. En termes d’investissement, il y aura du travail à faire pour l’accessibilité du site pour les personnes à mobilité réduite, c’est très important. Déjà, tous les ans, il y a des travaux de restauration importants sur les remparts, nous y consacrons environ 100 000 € par an. Et nous sommes justement en train de refaire le petit port de la citadelle, qui est en très mauvais état, pour 360 000 €. Les subventions auprès de l’Etat sont de plus en plus difficiles à obtenir, mais le classement de l’Unesco sera un plus pour la recherche de financements.»

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