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Dossier - Le meublé de tourisme a le vent en poupe
Marginale il y a encore vingt ans, la location saisonnière de sa maison est devenue une offre d’hébergement très prisée par les touristes. Explications du phénomène.
Forte fréquentation touristique de l’île de Ré, capacité hôtelière restreinte, exigences nouvelles en matière de confort… Louer sa maison sur l’île de Ré est devenu pour certains propriétaires l’occasion d’amortir les charges liées à l’investissement, et même de gagner de l’argent. D’autant que la proportion de résidences secondaires y est en nette augmentation (50%, voire même 60% dans la canton nord). Sur la période 1999-2007, le rythme de croissance annuel des résidences secondaires était de 3,14% par an, soit 13 600 résidences secondaires en 20071. Or, qui dit résidence secondaire dit maison de vacances, donc occupation partielle.
Globalement, la location à l’année reste dérisoire sur l’île de Ré à côté de de la location saisonnière, activité économique à part entière. L’exemple de La Couarde est significatif : sur l’ensemble du parc d’habitations, 112 sont louées à l’année et 575 le sont à la saison, soit cinq fois plus. A Ile de Ré Tourisme, qui centralise l’ensemble de l’offre, on recense environ «2 000» meublés, mais ce n’est qu’une partie de la réalité. «On ne répertorie que les meublés classés. Après, il y a d’autres résidences secondaires qui sont sûrement louées, mais je ne veux pas me lancer dans ce genre de supputations», explique Catherine Senand, la directrice. Difficile d’y voir clair dans les chiffres, d’autant qu’une partie de l’offre échappe à l’économie réelle, avec certaines locations saisonnières non déclarées en mairie, en dépit de l’obligation récente. D’après «l’analyse de la fréquentation et des pratiques sur l’île de Ré» (septembre 2010), les meublés de tourisme représentent 4 013 lits (+ 1 970 lits «autres»), et même 7 481 lits selon le «Schéma de développement touristique de l’île de Ré, phase 1» (décembre 2010). Soit trois à quatre fois plus que l’offre hôtelière, comprise entre 2 061 et 2 466 lits !
 
Une activité ancienne en pleine mutation
 
Pourquoi une telle offre ? A cause de la situation géographique de l’île de Ré, qui connaît une vague de migration importante pendant les vacances, particulièrement l’été. Avec une capacité d’accueil évaluée dans le Scot à 145 000 personnes à l’horizon 2020, la pression est donc très forte en haute saison et les prix des locations flambent. Ainsi une maison louée 1 000€ par mois à l’année, le sera 1 000 € par semaine en plein mois d’août. Autrement dit : en un mois de location en pleine saison, le propriétaire récupère l’équivalent de quatre mois de loyers. Le phénomène n’est pas franchement nouveau. Depuis l’apparition des congés payés et l’arrivée des premières vagues des «bains de mer» sur l’île de Ré, les locaux sont habitués à louer tout ou partie de leur bien, «histoire de mettre du beurre dans les épinards». Pour les viticulteurs, agriculteurs et sauniers, la location saisonnière devient une activité d’appoint. «C’était même une nécessité pour certains Rétais. Ils aménageaient une partie de la grange, du chai ou du garage pour accueillir les touristes, qui à l’époque se contentaient de peu», rappelle Sophie Marsac, responsable d’AAPH Locations. Bref, on venait chercher sur l’île une certaine authenticité, un peu dans l’esprit «camping».

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 50 vendu en kiosque sur l île
 
 
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