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«L’île est sensible aux vimers, on le sait tous»
Recours contre le Scot, projet de Plan de prévention des risques littoraux…Pierre Bot, président des Amis de l’île de Ré, fait le bilan de l’année écoulée et de l’actualité.
JdP – Pourquoi avoir déposé un recours contre le Scot et où en êtes vous ?
Pierre Bot – Dans ce Scot, tout n’est pas tout bon ou tout mauvais. Il y avait par exemple un déficit criant delogements aidés sur l’île et là il faut reconnaître que la CdC fait actuellement une très bonne politique en comblant le retard accumulé avant 2010. Par contre, les maires ayant voulu garder la main en matière de construction, on observe un rythme actuel qui repart légèrement à la hausse, malgré une accalmie dans les années 2000. La préfecture a donc donné un avis favorable au Scot mais à une condition expresse : l’affectation d’un nombre d’hectares constructibles par commune. Aujourd’hui, elle n’est pas remplie. Nous avons donc lancé un recours et nous attendons une audience du tribunal administratif dans le courant du premier semestre 2014.
 
Comment en est-on arrivé là ?
Le Scot auquel nous avons été associés était régit par le Grenelle 2, qui est plus prescriptif, plus rigoureux que le Grenelle 1. En 2011, nous étions sur la même ligne, sur la longueur d’onde avec Lionel Quillet. Jusqu’à ce que certaines prescriptions en matière de constructions ne deviennent de simples préconisations… J’y vois deux raisons : par rapport à leurs électeurs, les maires ne pouvaient pas accepter ça. Et ils étaient incapables de s’entendre entre eux pour se répartir, entre communes, un nombre de constructions. Les intérêts particuliers ont pris le dessus sur l’intérêt général.
 
Quelle est votre point de vue sur l’ébauche du futur Plan de prévention des risques ?
Pour l’instant, les cartes sont générales, pas définitives. Je trouve cette attitude de pression systématique de la CdC un peu étrange. Si on a des choses à dire, il faut négocier et attendre. Lionel Quillet a tort d’être en conflit permanent avec l’Etat. […] On ne peut oublier Xynthia où on a eu par endroits un mètre d’eau et des dégâts matériels considérables. Et n’oublions pas les pertes humaines très importantes en Vendée ou ailleurs. On voit aussi que les catastrophes naturelles deviennent de plus en plus fréquentes et que se pose la question des assurances : le fonds Barnier n’est pas infini et si ce genre de catastrophe se renouvelle trop souvent, il n’y aura plus d’assurances. […] Est-ce que le Papi va vraiment nous protéger ? Je n’en ai pas la certitude. Je voudrais l’assurance d’un système hollandais, coûteux mais solide. Rappelons-nous aussi que Xynthia n’était pas forcément une très grosse tempête et que le coefficient était important, mais pas exceptionnel. L’île de Ré est sensible aux vimers, on le sait tous, c’est une question de morphologie. A Ars, où le quai est à 4 mètres, l’eau est passée alors que les maisons sont à 3 mètres NGF. On a donc eu un mètre d’eau autour du port. Lors d’un vimer historique, il y a eu 2 mètres d’eau à La Couarde. Tout le monde le sait là-bas. […] Je pense qu’un jour on risque d’avoir un vimer ultime sur l’île de Ré et qu’il mettra tout le monde d’accord au niveau du risque.
 
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