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Ré, source d’inspiration depuis le XIXe siècle
Quelle île au monde peut se vanter d’abriter autant d’artistes ? Si leur présence a crû ces vingt dernières années, les artistes viennent depuis toujours sur l’île de Ré trouver la quiétude et une luminosité «unique».
Dans l’histoire, nombre d’artistes sont venus puiser sur l’île de Ré leur inspiration, émerveillés par les paysages, la luminosité, les petites maisons blanches et un calme unique. C’est surtout à partir de la fin du XIXe siècle que se développe ce tourisme «artistique» grâce à l’avènement des chemins de fer et à l’invention du tube de peinture… Parmi les artistes les plus illustres ayant succombé à l’île, on peut citer Gaston Balande, Raphaël Drouart, William Barbotin, Jules-Lucien Giraudeau, Emile Hecq, Gaston Roullet ou encore Louis Suire. Ce dernier, dans Cours fleuries et maisons blanches de l’île de Ré, nous offre sans doute l’une des plus belles descriptions de la lumière rétaise si particulière. Une luminosité «unique» qu’il décrit magnifiquement dans cet extrait : «J’hésite à parler de la lumière de Ré, tant cela est difficile pour ne pas dire impossible à exprimer avec des mots. Lumière à la fois vive et subtile, lumière très subtile due certainement à la position géographique de cette terre avancée de plus de trente kilomètres dans l’océan ; donc lumière marine où les rayons du soleil nous arrivent imprégnés de l’air salin et avec la réverbération de la mer. 
Des spécialistes ont pu dire que cette côte était l’endroit de France où les rayons ultra-violets sont les plus forts, ce qui me fait penser, avec les médecins, qu’il faut être prudent au sujet des bains de soleil, ils peuvent être à la fois très salutaires ou nuisibles s’ils sont fait sans discernement. Ce pays est plus lumineux que la Provence, et plus que l’Italie. A Naples, le Vésuve est souvent enveloppé de brume, tandis qu’ici on voit de très loin les plus petits détails de la nature. […] Le ciel compte énormément ici, comme dans tous les pays de plaines et de nuages qui viennent du large, poussés par le vent en se reflétant dans l’eau des marais, font penser aux tableaux des peintres hollandais Ruysdaël ou Van Goyen. 
Mais c’est un pays qui n’a pas qu’un visage de joie : il est parfois austère et tragique, quand la tempête se déchaîne. Il y a ici des gris très fins, les gris perle qu’affectionnait Corot et qu’il dit n’avoir vu qu’à La Rochelle et sur nos côtes : gris colorés où les blancs sont parfois plus nuancés que sous le soleil. Lumière qui donne à toutes les formes leur vrai contour, lumière avec laquelle on ne peut tricher et qui surprend ceux qui viennent ici pour la première fois.» 

Suite dans le n° 53, vendu en kiosque sur l île
 
 
 
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