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«Faire venir les gens hors-saison»
Entretien avec Richard Gendre, président départemental de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui évoque avec nous les sujets prioritaires pour les professionnels du secteur.
JdP – Pouvez-vous nous présenter l’UMIH 17, dont vous avez pris la tête en début d’année ?
Richard Gendre – C’est le principal syndicat de la profession avec 80 000 professionnels. Il est ultra-représentatif puisque le deuxième n’a que 5 000 adhérents. Fin 2012, il y a eu un divorce par consentement mutuel entre l’UMIH départemental (devenue depuis l’UPIH) et la direction confédérale. En collaboration avec les instances nationales de l’UMIH, nous avons donc décidé de créer une structure ex-nihilo. Nous comptons aujourd’hui une centaine de membres, sur 3 000 professionnels en Charente-Maritime. On va se développer petit à petit.
 
Comment comptez-vous convaincre les professionnels du secteur de vous rejoindre ?
Les professionnels ne sont pas toujours convaincus de l’utilité de se syndiquer. Ils sont plutôt tentés de la jouer personnel. Nous sommes dans un contexte économique où le chef d’entreprise est habitué à se débrouiller tout seul. Le plus souvent, il est seul contre l’Etat. Après, il faut savoir ce qu’ils veulent. On ne peut pas se plaindre de ne pas être entendus par l’Etat si on n’est pas prêts à payer une cotisation pour adhérer à une structure représentative. Nous sommes l’interlocuteur privilégié de l’Etat, qui n’accepte de parler qu’aux gens représentatifs. Nous sommes donc les plus aptes à défendre les intérêts de la profession et nous relayons auprès de nos adhérents les dossiers nationaux.
 
Actuellement, quels sont les dossiers prioritaires de l’UMIH ?
Il y a par exemple la problématique du «fait maison» en matière de restauration, la question de la TVA, de l’accessibilité de nos établissements pour 2015, des sites internet de vente transnationaux en hôtellerie qui demandent des commissions énormes aux professionnels et plein d’autres sujets comme l’augmentation du prix des terrasses dans certaines communes. L’UMIH avait été entendue sur la baisse de la TVA dans la restauration à 5,5%. Là, elle est remontée à 7% et passera à 10% l’année prochaine. Pour un professionnel qui utilise beaucoup de main d’œuvre, le contexte est compliqué et nous relayons ces inquiétudes. Sur le «fait maison» et l’utilisation de produits frais dans la restauration, il faut que le consommateur soit informé de ce qu’il a dans son assiette. Après, la question est de savoir combien les gens sont prêts à payer. Prenons l’exemple du poisson. Dans un établissement comme le mien, on achète du poisson frais tous les matins. Déjà, le poisson est beaucoup plus cher qu’il y a cinq ans. Enfin, on découpe les filets en cuisine et la main d’œuvre a aussi un coût. D’un autre côté, il faut dire que l’industrie alimentaire a fait d’énormes progrès, et au niveau de l’hygiène, c’est très sécurisé. Un produit industriel peut même avoir une qualité légèrement supérieure par rapport à ce que peut faire un mauvais professionnel avec un mauvais produit de base, même s’il fait tout «maison». Le «fait maison» a un sens pour la petite restauration qui mise sur la qualité, avec des professionnels compétents. Pour les restaurants d’une centaine de couverts, c’est une ineptie. Au final, il faut simplement que le consommateur sache d’où vient ce qu’il mange. Il ne doit pas y avoir de stigmatisation : ce n’est pas parce qu’un plat n’est pas fait maison qu’il n’est pas bon. Et c’est parfois mieux qu’un restaurateur reconnaisse ses propres limites. 
 
Concernant l’île de Ré, quel bilan peut-on tirer de la saison touristiques 2013 ?
En juillet-août, on est sur du quantitatif pur. On est sur une non gestion des flux, et l’objectif pour les professionnels est de faire un maximum de richesses pour vivre douze mois avec. Juillet était de plus en plus dur ces dernières années, car il n’a pas fait beau. Il y a donc une certaine désaffection et la saison ne commence réellement que mi-juillet. Août est énorme car les gens prennent leurs congés à cette période. Pour ce qui est de 2013, juillet a été plutôt bon, il a fait beau, il y a donc eu pas mal de trafic. Et il y a eu aussi beaucoup de monde en août, qui reste un mois toujours stable. Au final, on a eu un volume d’activité supérieur par rapport aux dernières années. Après, si on parle de tourisme à l’année, qui se développerait sur les ailes de saison avec un développement du territoire en ce sens, c’est le néant absolu. L’activité sur les «ailes» de saison est en train de disparaître, d’autant qu’on est très dépendant du climat. Cette année, le printemps a été désastreux. Après, rien d’efficace n’est mis en place sur le territoire pour faire venir les gens hors saison. Il faudrait une vraie politique de développement touristique.
 
Justement, il y le volet touristique du Scot, avec le Schéma de développement touristique…
Pour moi, ce Schéma est insuffisant, et avec le Scot, on a signé l’arrêt de mort de l’île de Ré. Les élus avaient dès le départ placé le curseur très bas, car ils ont contre eux l’administration et les associations environnementales. Après, c’est aussi le jeu de la démocratie. Il y a peut-être une majorité de gens qui trouvent que l’île de Ré sans activités économiques, c’est bien. Etre tranquille 10 mois sur 12, je comprends que certains puissent trouver ça plaisant. Moi, je préfère une île dynamique, et on peut très bien imaginer un développement économique mesuré avec une protection forte.

Fréquentation en hausse de 3,2% sur le pont
En juillet, 362 495 véhicules payants ont en effet passé le pont contre 351 775 en juillet 2012. En août, 377 574 véhicules contre 364 768 en août 2012. Soit, sur les deux mois de haute saison, une hausse de 3,28 % par rapport à 2012.
 
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