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Des huîtres d’une qualité exceptionnelle
Alors que la profession traverse une grave crise de mortalité des huîtres adultes, Gérald Viaud, président de la section conchylicole, assure qu’elles seront tout de même présentes sur les étals pour les fêtes de fin d’année et surtout qu’elles sont d’excellente qualité.
Hasard du calendrier, la deuxième conférence maritime s’est tenue le 11 octobre dernier, alors même que l’ostréiculture doit faire face, selon les paroles de Dominique Bussereau, président du Conseil général, à «une poussée épouvantable de mortalité des huîtres marchandes» engendrant une crise qui rappelle celle consécutive à l’épizootie du début des années 1970.
Et pourtant, la profession accumule les démarches-qualité : obtentions du Label rouge, de l’Indication géographique protégée, du label Spécialité traditionnelle garantie pour la moule de bouchot, comme l’a signalé Gérald Viaud, le président de la section régionale, qui en a profité pour pousser un «cri d’alarme. Depuis 6 ans, nous avons entre 50 à 70% de mortalité sur les juvéniles. Pour faire face, on a tiré toutes les ficelles de notre savoir-faire et c’est maintenant la mortalité des huîtres marchandes. Aujourd’hui, on a certainement dépassé les 10 000 tonnes d’huîtres vendables mortes.»
Quelques jours après cette conférence, il revenait sur ce phénomène. «Au final, cela reste difficile à quantifier puisque c’est en remontant les casiers que l’on découvre l’ampleur du désastre.» Fataliste, il constate que la profession est soumise aux caprices de la nature. «Il n’y a pas grand chose à faire d’autant que nous sommes dans un milieu ouvert avec le jeu des courants... C’est ce qui nous différencie du monde agricole ou de l’élevage. Lorsqu’un éleveur voit une bête malade il fait appel à un vétérinaire qui soigne, qui traite. Nous, nous ne pouvons rien faire, nous ne pouvons que constater les dégâts de Dame nature. Nos huîtres sont des animaux vivants qui subissent un stress. Ces bêtes sont fragiles face aux éléments climatiques et environnementaux. Plus ça va et plus nos huîtres en subissent les conséquences.» Un constat d’autant plus amer que, cette année, tout le monde s’accorde à dire qu’elles sont d’une qualité exceptionnelle. Selon Gérald Viaud, nous aurons bien sûr des huîtres sur les étals pendant les fêtes de fin d’année «mais pas forcément de la numéro 3. Nous aurons d’autres calibres. Il faut que le consommateur s’habitue à consommer d’autres tailles et notamment plus petites comme cela a été le cas dans les années 70 suite aux problèmes de pousse et de croissance. Aujourd’hui, on est focalisé sur la 3 qui est devenue la référence or elle va avoir tendance à s’amenuiser et il faudra bien revenir vers les autres calibres.»
A noter que lors de la conférence maritime et à la suite de l’intervention de Gérald Viaud, Dominique Bussereau avait demandé que les collectivités et l’Etat se rassemblent, avec la profession, pour «réfléchir aux mesures d’urgence à prendre». Son message a été entendu par la préfecture, qui a réuni les professionnels du secteur afin de trouver des solutions. On s’orienterait vers un allègement des charges pour les ostréiculteurs.

L’enjeu de la qualité
La deuxième édition de la conférence maritime s’est tenue le 11 octobre à La Rochelle. Le thème retenu, «La qualité, un enjeu pour l’avenir des filières maritimes», pouvait parfaitement être généralisé sous la formulation «la qualité, un enjeu pour la Charente-Maritime», compte tenu du poids de ces filières (pêche, conchyliculture, plaisance, ports de commerce) dans l’économie. Elle a surtout permis de faire un tour d’horizon de tout ce qui est entrepris en termes d’amélioration de la qualité, dans les différentes filières concernées. Pour la pêche, il a été débattu de la qualité environnementale des ports, d’indices de fraîcheur, des marques (Savoir-faire La Rochelle, Marennes-Oléron Produits Saveurs), des procédures sanitaires, des outils de traçabilité… A également été abordée la qualité pour les ports de commerce mais aussi de plaisance. Pour ces derniers, la qualité c’est l’accueil des plaisanciers. Cela passe également par une charte de gestion environnementale des déchets et des eaux usées, une réglementation stricte, des actions spécifiques à terre (déchèterie, collecte des eaux de carénage, incitation aux transports propres...) et des formations.

Photo © Le Journal des Propriétaires de l île d Oléron / L Europe vue du ciel 
 
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