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Apprendre à pêcher à pied

Le 9 octobre prochain, une table ronde consacrée à la protection de l’estran et à la pêche à pied réunira les élus, les associations, les universitaires et les pêcheurs. «Nous allons nous inspirer de ce que fait l’association Iodde sur l’île d’Oléron, explique Patrice Raffarin, maire de Rivedoux. Elle fait un travail remarquable, et nous n’allons pas le réinventer. Mais tout n’est pas forcément transposable d’Oléron à Ré. Nous allons notamment étudier l’efficacité des mises en jachère et voir si cela correspond à nos besoins.»
L’association Iodde a obtenu dernièrement le prix Faune du National Geographic Chanel, et a également été élue coup de cœur 2008 de la fondation Nature & Découvertes. Et cela pour l’ensemble du travail effectué depuis octobre 2004. A l’origine, Iodde est née d’un groupe de personnes adhérant au conseil de développement de l’île d’Oléron qui souhaitait mettre en œuvre des actions concrètes en matière de développement durable et de protection de l’environnement. Une des premières initiatives a été de s’intéresser aux conséquences de la pêche à pied. «Nous voulions sortir du "on dit", du "les touristes ravagent tout". Nous avons donc commencé par une importante étape de diagnostic. Quelques 1 200 interviews de pêcheurs et d’examens de pêche ont été réalisés.» Le programme «REVE» (reconquête et valorisation des estrans) a été engagé pour rechercher des solutions de développement durable à la problématique de la pêche à pied récréative. Sur les estrans de Marennes Oléron, cette activité a beaucoup évolué en quelques générations. D’une pêche traditionnelle de subsistance, très ancrée dans l’identité locale, on est passé à une activité de loisirs grand public avec une population de passage qui ignore souvent les rudiments de fonctionnement des écosystèmes. Plusieurs alertes ont été émises par les pêcheurs locaux qui constataient une diminution des ressources et une multiplication de comportements inadéquats. L’objectif était de faire un point sur la pression de pêche et ensuite un diagnostic de l’estran rocheux. Une thèse a été lancée dans ce but. «Très vite, explique Jean-Michel Bonnin, coordinateur de l’association, sur le terrain, nous nous sommes aperçus du déficit d’information. Les personnes ignorent la réglementation et donc les fonctions de respect du milieu naturel. D’où notre souci d’être présents avec des outils pédagogiques comme la mesure pour les poissons ou bien encore un dépliant explicatif disponible dans les offices de tourisme.» L’association travaille également sur la réglementation. «Notre objectif est de l’adapter pour aller vers une gestion durable de l’estran. La finalité n’est pas d’embêter les touristes mais de permettre à tous de pêcher dans les règles de l’art. Globalement les pêcheurs sont favorables à notre action. Ils ont bien compris que s’ils ne pêchaient pas les petits poissons ils auraient la possibilité, à terme, d’en trouver des plus gros.» De plus, l’association a obtenu un arrêté préfectoral pour l’autorisation d’exploitation de cultures marines dans la zone de Chassiron. «Il s’agit d’une zone de reconquête, explique Jean-Michel Bonnin, où toute pêche à pied est interdite pendant trois ans entre l’écluse des Jeunes pointes et l’écluse la Vielle longe.» Dans le cadre du programme REVE qui vise à mettre en place les conditions d’une pêche à pied durable pour tous, une thèse est menée sur la biodiversité de l’estran rocheux oléronais, la capacité de régénération de l’estran, l’impact des retournements de pierres par les pêcheurs sur le milieu et les population d’étrilles.
Photo : Iodde

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