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Patrimoine - Les histoires du fort de la Prée
Monument incontournable de La Flotte, le fort eut un rôle stratégique important au XVIIe siècle, avant de tomber aux oubliettes… Jusqu’à sa nouvelle vocation touristique.
Le fort de la Prée, construit en 1626 sur ordre du roi Louis XIII et sous le commandement de Toiras, alors gouverneur de l’île, avait pour mission de commencer à fortifier l’île pour éviter que les protestants (très présents notamment à La Rochelle) ne reprennent ce verrou devant la cité rochelaise. Les ingénieurs d’Argencourt, Pierre de Comty et Camus, envisagent la construction d’une citadelle d’abord au village de Saint-Martin-de-Ré mais le gouverneur Toiras préfère finalement le lieu-dit de la Prée. Ce bâtiment militaire jouera un rôle décisif lors du siège de l’île par les anglais en 1627, en permettant, grâce à son petit port, l’arrivée d’une armée de secours qui mettra en fuite les troupes anglaises menées par le duc de Buckingham.
Malgré plusieurs campagnes de travaux menées successivement au cours du XVIIe siècle, il tombera peu à peu en désuétude – on envisage même de le détruire –mais le pouvoir royal décide de le conserver par peur d’une attaque de l’île par les Hollandais ou les Espagnols. Le fort de la Prée souffre en fait de plusieurs défauts : un manque de place pour loger les troupes, un manque d’eau et un système défensif vulnérable. Passé dans l’ombre de la citadelle Vauban créée à la fin du XVIIe siècle à Saint-Martin, il subit malgré tout quelques aménagements au XVIIIe siècle à cause de nouvelles menaces britanniques. 
Au début du XIXe siècle, bien qu’en mauvais état, il commence à assurer le rôle de débarcadère sur l’île pour les voyageurs arrivant du continent, avant de retrouver, peu avant le début du xxe siècle, une fonction importante : la surveillance du pertuis Breton afin de protéger les bateaux de commerce sortant et entrant dans le nouveau port de la Pallice. Sa fonction militaire disparaît totalement au début de la Première Guerre mondiale et les obusiers trônant sur ses bastions sont alors enlevés pour être emmenés sur le front. En 1934, la forteresse est déclassée mais reste cependant propriété de l’armée française.
Cette dernière y installe un locataire à partir de 1938. Il se fait chasser par la marine de guerre allemande lorsqu’elle s’empare de l’île. Les Allemands créent au fort une batterie d’artillerie nommée Bertha. Ils construisent plusieurs blockhaus et éléments d’artillerie, un des blockhaus servant à observer la base sous-marine de la Pallice et à protéger les entrées et sorties des U-Boat.
A la fin de la guerre, le fort est rendu à son locataire jusqu’en 1948. Il est ensuite transféré dans le domaine public puis vendu à une association du département de l’Eure en 1948, qui va y créer un centre de colonie de vacances. Elle s’en sépare, car faute d’un entretien régulier le rempart du côté de la route départementale s’effondre. Le fort est racheté par son propriétaire actuel, le CNOSAP (le Comité national des œuvres sociales de l’administration pénitentiaire) en 1980. L’association entame une restauration du rempart effondré de 1980 à 1987 en employant des prisonniers détenus à la centrale de Saint Martin. Elle ouvre le fort au public en 2004 à l’occasion des Journées du patrimoine. Face au succès rencontré, dès l’année suivante le monument est ouvert d’avril jusqu’à fin septembre. Il est valorisé pendant plusieurs années par des équipes de stagiaires et restauré par des bénévoles de l’association Rempart. Le fort de la Prée est un monument historique classé depuis mai 2008. Il est également protégé en tant que site naturel.
 
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