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La Pallice, porte d’entrée pour Ebola ?
Alors que le port maritime accueille chaque année une vingtaine de navires originaires d’Afrique de l’Ouest – dont quatre pays sont actuellement touchés par le virus Ebola –, des mesures de précaution sont prises depuis fin août afin d’éviter tout risque de contamination.
«Nous sommes une porte d’entrée, au même titre que les aéroports internationaux. Voilà pourquoi nous prenons des mesures préventives.» Pour Philippe Reydant, commandant du port de La Rochelle et interlocuteur direct des ministères de la Santé et des Transports, les mesures contre Ebola, cette maladie infectieuse qui a fait 2 200 morts à ce jour en Afrique de l’Ouest, n’ont pourtant rien d’exceptionnel. La dernière grosse «alerte» envoyée au port maritime remonte à 2004, lorsque la planète fut confrontée à l’épidémie de H5N1. «Nous sommes également sur la liste de diffusion pour la fièvre aphteuse, même s’il n’y a pas ici de commerce d’animaux vivants», explique le commandant. Concernant Ebola, la menace parait plus réelle dans la mesure où le port rochelais reçoit chaque année une vingtaine de navires d’Afrique de l’Ouest, transportant essentiellement des bois exotiques, sous forme de grumes ou de bois scié. Le risque de contamination viendrait d’un contact des équipages de ces navires (de 15 à 20 marins à bord), non seulement avec les dockers – par définition en première ligne – mais aussi avec la population rochelaise, dans la mesure où les temps d’escale, de 6 heures à 24 heures, laissent largement le temps aux marins de se rendre en ville1. 
Ainsi, une fiche d’information sur la maladie fut envoyée au commandant dans l’été, puis une circulaire ministérielle à la fin du mois d’août, indiquant les mesures de précaution à prendre et la procédure à suivre en présence d’un cas suspect. Déjà, la réglementation sanitaire internationale demande à tout capitaine de navire de faire parvenir une déclaration maritime de santé (DMS) au commandant du port en cas de malade à bord, surtout s’il s’agit d’une maladie infectieuse. «Désormais, nous l’imposons pour tous les marins d’Afrique de l’Ouest, au moins 24 heures avant l’escale», explique Philippe Reydant. En présence d’un cas suspect, le commandant en informe la préfète et contacte immédiatement le SAMU. «Ensuite, sous l’autorité de la préfète, nous décidons les modalités d’entrée du navire dans le port puis l’intervention du SAMU à bord.» Une fois le diagnostic établi, et si celui-ci est positif, le malade est évacué vers le CHU de Bordeaux, le centre agréé pour toute la région Sud-Ouest pour la prise en charge de tout porteur d’Ebola.

Suite dans le n° 59, vendu en kiosque sur l'île
 
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