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Nous sommes l’île de Ré
Placés sous le signe de la gravité une semaine après les attentats terroristes de Paris, les v½ux de la CdC, en présence de tous les maires de l’île, du président du Conseil général Dominique Bussereau et du député Olivier Falorni, se déroulèrent malgré tout dans la bonne humeur… et avec la volonté d’affirmer la spécificité rétaise, notamment dans le combat sur les digues et sur le PPRL.
Après les tragiques évènements survenus à Charlie Hebdo, les vœux de la Communauté de communes (CdC), organisés le 16 janvier dernier à la salle polyvalente du Bois-Plage, furent sobres et marqués par «l’union locale» entre le député de la circonscription Olivier Falorni (ex-PS) et le président du Conseil général (UMP) Dominique Bussereau qui n’ont cessé de s’envoyer des amabilités, de s’appeler par leurs prénoms respectifs et de vanter «le joyau » que représente l’île de Ré pour le département. Ces deux-là partiront sûrement en vacances ensemble (sur l’île de Ré ?), mais ils ne partiront pas avec la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, qui fut sûrement la plus présente parmi les absents. En chef d’orchestre, Lionel Quillet, président de la CdC de l’île de Ré, avait aussi quelques griefs contre l’ancienne présidente de Région, tant les désaccords sont grands au sujet des cartes d’aléa du futur PPRL. Il envoya dans son discours un message d’union et de mobilisation des Rétais pour défendre l’île, rappelant au passage que les vimers s’étaient toujours produits sur l’île de Ré, mais que sur les cinquante dernières années, «nous avions oublié qu’il fallait nous défendre». Il rappela en outre que l’île de Ré était un territoire de 18 000 habitants qui s’est construit depuis 600 ans. «Si certains pensent qu’on doit partir, qu’ils viennent me le dire en face ! Ou on part maintenant, ou on défend. Mais il n’y a pas de demi-sécurité. Je ne lâcherai rien. Ceux qui ne veulent pas des digues oublient qu’il y a une vie permanente. Elle sera un lieu de vie et non pas une résidence de vacances tant que je serai là !» 
Des vœux qui furent aussi placés sous le signe de l’humour, puisque tous les maires reçurent de la part de la CdC une surprise «maison», sous forme de tableaux réalisés avec des Playmobil… Une manière originale d’exaucer symboliquement les vœux de chacun des maires de l’île pour 2015, avec des projets structurants qui leur tiennent particulièrement à cœur : pour Patrice Raffarin, un garage avec passage sous-terrain symbolisant la fameuse Trémi de Rivedoux, voie semi-enterrée que le maire souhaiterait réaliser sous la route départementale 201, une porte anti-submersion pour le maire de La Flotte, Léon Gendre, un lotissement pour Jean-Pierre Gaillard (symbole des 40 logements aidés dans le secteur de Rochefort au Bois-Plage) et carrément «une ville entière avec 65 logements, une crèche, etc.» pour Patrice Déchelette à Saint-Martin, une crèche pour Gisèle Vergnon à Sainte-Marie (voir JdP n° 60), une digue au niveau du Goisil pour le maire de La Couarde Patrick Rayton, une mini-ville également pour Jean-Louis Olivier à Ars-en-Ré (programme de 29 logements aux Brises Marines et une nouvelle crèche). Pour Gilles Duval, en revanche, rien de bien concret puisqu’il s’est vu remettre un conglomérat étrange de grains de maïs, symbolisant la fameuse ZIS prévu dans le PPRL, dont «personne ne sait vraiment ce que c’est ni à quoi ça ressemble», dixit Lionel Quillet. Quant au maire des Portes, Michel Auclair, il a reçu une toute nouvelle maison des dunes (très fortement attaquée ces derniers mois par l’érosion côtière et qu’il faudra reconstruire à un endroit plus à l’abri). Et quand des voix s’élevèrent pour réclamer le «vœu» du maire de Loix, Lionel Quillet répondit : «Il n’y a rien pour Loix, mais vous m’avez, c’est un cadeau de tous les jours !» Le délégué régional du Conservatoire du littoral, auquel Lionel Quillet a rendu un hommage chaleureux, a reçu un «écomusée tout neuf» (celui-ci, après avoir été détruit par les flammes en 2013, n’a toujours pas été reconstruit en vertu des prescriptions du futur PPRL – voir par ailleurs). Les pompiers ont reçu une «nouvelle caserne», et le lieutenant-colonel Thiburce a reçu un hélicoptère, une façon de remercier l’excellent travail des militaires suite à l’évasion de deux prisonniers dangereux de la centrale de Saint-Martin, le 2 janvier dernier (voir par ailleurs). Il a également reçu en bonus un écureuil, faisant référence à la fameuse affaire des «pignons de pin», trafic organisé de pommes de pins récoltées sur l’île de Ré vers l’Espagne… Le député de la circonscription, Olivier Falorni, s’est vu remettre une île, Lionel Quillet lui suggérant de la placer sur son bureau de l’Assemblée nationale et ajoutant : «Depuis que Ré a voté à 70% pour vous, M. le Député, nous avons un peu de monde sur le dos : une petite armée… Royal qui fait que ça pique un peu.» Façon humoristique de dénoncer une nouvelle fois l’attitude de l’Etat dans le PPRL. Quant au président du Conseil général, il est reparti du Bois-Plage avec «un circuit automobile». «Vous avez tout M. le Président, sauf une autoroute, l’A 831…Et j’ai même mis une petite Mia dessus »* ! Décidément, sous des allures de vœux joviaux, le PPRL n’était jamais bien loin…


* Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, fut l’un des principaux soutiens de Mia Electric, basée à Cerizay dans la région Poitou-Charentes, dont elle a été la présidente durant dix ans.
 
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