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La Flotte - Le départ d’un monstre sacré
Léon Gendre, lors de ses v½ux de conseiller général du canton sud, a fait ses adieux à un poste qu’il occupa pendant trente ans et qu’il mit avec conviction au service de la protection environnementale de l’île de Ré.
 Un grand moment de la vie politique locale. Léon Gendre, 78 ans, indéboulonnable conseiller général du canton de Saint-Martin depuis trente ans, vice-président du Conseil général, quittera son poste le 2 avril prochain. Du coup, la cérémonie des vœux du 25 janvier dernier, devant une salle comble (en présence d’Olivier Falorni, Dominique Bussereau et de nombreux élus locaux dont Lionel Quillet et les quatre maires du canton), avait une saveur particulière.
Léon Gendre a débuté son intervention en expliquant que cette cérémonie des vœux serait bien différente des précédentes, pour deux raisons : les évènements de la journée du 7 janvier, et «moins dramatique», l’achèvement de mon mandat au Conseil général. Evoquant l’intolérance qui «fragilise la société», le conseiller général rappela que «le danger peut arriver à tout moment et en tout lieu», tout en regrettant que les autorités se soient souciées des questions d’insécurité «un peu tard», malgré les nombreuses mises en garde. «Gouverner c’est prévoir, prévoir c’est anticiper sur l’évolution de la société pour se prémunir des coups contre la démocratie», s’est targué le maire de La Flotte. Or, selon lui, certains avertissements n’ont pas été pris assez au sérieux, comme ce rapport de 2004 – qui souligne des atteintes à la laïcité à l’école et la radicalisation de certains individus – qui a fini sa vie «au fond d’un tiroir». A la devise républicaine «Liberté - Egalité - Fraternité», il ajouta ainsi «le respect des institutions».
Sur son action d’élu local, il défendit sa vision avant-gardiste, avec «une vie faite d’anticipation sur les évènements, avec quelques temps d’avance sur l’évolution de la société». «Je quitte la scène politique départementale avec la satisfaction du devoir accompli», a-t-il ajouté, avant d’évoquer les grands moments de son action politique, consacrée en grande partie à la préservation des espaces naturels de l’île de Ré… et du département. Lorsqu’il débuta son premier mandat de maire en 1977, l’île de Ré sortait de la période des années 60-80, qui virent «une course effrénée à l’aménagement du territoire, parfois dérogatoire, parfois illégale». La vente de 20 000 parcelles en vingt ans avait entraîné un mitage du territoire, dont Léon Gendre allait faire son cheval de bataille, malgré de nombreuses oppositions «de mes collègues de l’époque». Car, selon lui, «toutes les parties s’accommodaient du système». Le maire de La Flotte ira alors chercher des appuis au niveau national, grâce à l’oreille attentive, fin 1978, du préfet Maurice Theys et de son directeur de cabinet… Philippe de Villiers.
Michel d’Ornano, alors ministre de l’Equipement et de l’Environnement, fut informé de la situation de l’île de Ré, à laquelle il réserva une petite visite le 9 août 1979. Après un survol en hélicoptère pour constater l’étendue des dégâts, «il réunit les élus pour les entendre et les informer que des mesures de protection seraient prises». Ce fut le cas avec l’inscription de l’île, le 23 octobre 1979, à l’inventaire des sites pittoresques de Charente-Maritime. Léon Gendre, qui juge cette première mesure «insuffisante», poursuit alors son action, qui se fera en trois étapes, et trois dates, comme autant de protections «incontournables car inviolables» : 1987, 1990 et 2000. «80% du territoire sont ainsi protégés pour toujours», se félicita ainsi Léon Gendre. L’occasion pour lui de remercier tous ceux qui l’ont soutenu dans son combat : les ministres «de droite comme de gauche», les préfets, les présidents du Conseil général Claude Belot et Dominique Bussereau et son «relais» à Paris, l’ancien ministre Jacques Toubon, également très lié à l’île de Ré. Léon Gendre termina son discours sur la politique de préemption du Conseil général qu’il mena avec détermination en tant que vice-président en charge de l’environnement (acquisition de 1 200 hectares de zones naturelles sur l’île de Ré, dont la moitié par le Conseil général, et 10 000 hectares sur le l’ensemble du département) et sur son soutien aux projets des cinq communes du canton, en particulier Rivedoux (aménagements pour limiter les nuisances du pont) et Saint-Martin. Aucun mot en revanche sur La Flotte, où les habitants savent ce qu’ils lui doivent. Mais des remerciements appuyés à Jacqueline, son épouse. Avant de conclure sur sa devise («à l’impossible nul n’est tenu») et sur une citation de De Gaulle, prononcée le 25 septembre 1965. «Ce qu’on raconte n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait.»
 
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