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Le fabuleux destin de Nicolas Martiau
Ce natif de l’île de Ré fut un des premiers huguenots à traverser l’Atlantique en 1620, pour s’installer à Yorktown en Pennsylvanie. Là même où La Fayette viendra 150 ans plus tard soutenir, à bord de L’Hermione, les insurgés américains.
Nicolas Martiau est né dans un village rétais en 1591, sans que l’on sache vraiment où… Saint-Martin ? La Flotte ? Ars-en-Ré ? Toutes les recherches entreprises pour connaître son lieu de naissance n’ont hélas pas abouti car les registres tenus par les protestants étaient cachés et ont vraisemblablement été détruits. Cependant, les archives tenues par le pasteur Stein Schneider de Yorktown prouvent avec certitude la naissance de Nicolas Martiau à Ré. Entre 1591 et 1615, il n’y a aucun document permettant de donner des informations sur cette période de vie de Nicolas Martiau sur l’île de Ré. A cette époque la population rétaise comptait environ 6 000 habitants dont les deux tiers étaient analphabètes. Une minorité – partie de la population huguenote – était plus instruite, connaissait un peu l’anglais et savait lire les évangiles et la bible. La culture de la vigne, la pêche et la construction de bateaux sont alors les principales activités de l’île. La fin du xvie siècle, violent et intolérant, s’apaise avec l’accession au trône du roi Henri IV qui proclama en avril 1598 l’Edit de Nantes, ou Edit de tolérance…
 
Le départ pour l’Amérique

Elevé dans une famille rétaise calviniste, Nicolas Martiau décide à 24 ans d’émigrer à Londres, ville refuge pour une partie de la communauté protestante française. Il est soutenu à son arrivée, le 11 mars 1615, par la riche et brillante famille de Huttington. Henri Hastings, troisième comte de Huttington, mort en 1595, avait demandé au roi en 1569 la permission de quitter ses domaines avec 10 000 hommes pour aller soutenir l’armée huguenote. Ceci explique l’accueil dont a bénéficié Nicolas Martiau lors de son arrivée en Angleterre. Henri, le cinquième comte de Huttington, était quant à lui propriétaire de terres dans les colonies anglaises en Amérique. Il proposa à Nicolas Martiau la charge de «fondé de pouvoir» afin de mettre en valeur ces nouveaux territoires. 
Cette charge est confirmée par une procuration conservée à la Henri E. Hunttington Library à San Marino (Californie) – datée du 5 avril 1620 – et signée par Edwin Sandys (fils de l’évêque d’York). C’est ainsi que le 11 mai 1620 Nicolas Martiau s’embarque sur le Francis Bonnaventure, vaisseau de 240 tonnes qui arrivera à Jamestown au mois d’août. Le célèbre Mayflower traversera 6 mois plus tard…
Nicolas Martiau fut un des premiers des 2 000 huguenots qui traversèrent l’Atlantique (sur les 40 000 qui quittèrent la France) pour échapper aux persécutions religieuses. L’arrivée de Nicolas Martiau à Jamestown en août 1620 se solde par une épidémie de peste qui tua plus de 1 000 colons sur les 3 000 de la colonie. Echappant à cette épidémie, le Rétais s’installe à Elisabeth city, à l’extrémité de la presqu’île d’York. Le nom de Nicolas Martiau, anglicisé «Martue», est mentionné sur le registre de recensement d’Elisabeth City où il est enregistré en tant que «captain». Le monopole du tabac est accordé le 24 juin 1621, l’année même où le chef indien Opechankanough entre en guerre. 340 virginiens sont tués. L’ami de Nicolas Martiau, le lieutenant Berkeley, est tué à Fallingcreek en 1622. Nicolas Martiau, alors nommé capitaine de la milice coloniale, est chargé de construire des palissades sur les 10 km qui relient Jamestown et Chiskiak (Yorktown). 
 
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