Météo
 
«Qu’est-o qu’te m’chantes ?»
Un collectif de passionnés, sous la houlette du Portingalais Michel Fruchard, œuvre depuis une dizaine d’années à la sauvegarde du patois rétais. Un livre-CD de chansons traditionnelles cherche un éditeur. Présentation.
C’est un patrimoine immatériel unique. Transmis oralement, le patois rétais était menacé de disparition. C’est ce qui poussa Michel Fruchard, ancien élu des Portes, à lancer en 1986, au sein de la CdC, une structure pour recueillir cette mémoire en danger. Après quelques «fâcheries» avec la CdC, le passionné décide de créer en 2010 le Comité pour le recueil et l’inventaire des chansons rétaises introuvables (Cricri), sous l’aile des Amis du musée Ernest-Cognacq. Pour susciter des vocations, ils lancent en 2011 la veillée des conteurs à l’occasion des Journées du patrimoine. Le succès est immédiat mais l’organisation devient si lourde qu’elle risque de détourner le comité de sa vocation initiale. «Notre rôle est de recueillir le patrimoine oral, nous ne voulions pas nous transformer en organisateurs de spectacles», confie Michel Fruchard. 
Ces derniers mois, le Cricri s’est donc recentré sur le recueil des textes en patois rétais, débouchant sur la création d’un livre-CD d’une trentaine de titres qui cherche aujourd’hui un éditeur. «Le but n’est pas de garder ça pour nous mais de le mettre à disposition du public. Car, dans quelques temps, ces chansons risquent de ne plus être comprises par les nouvelles générations.» Pour retrouver ces textes, le comité a pu s’appuyer sur l’incroyable mémoire d’anciens Rétais comme M. Gaudin, Michel Brunet, Edmond Héraudeau ou Joël Guillaudeau, mais également sur les cahiers de chansons sur lesquels beaucoup d’îliens retranscrivaient les paroles. Pour la musique, en revanche, ce fut plus compliqué ! «Nous avons demandé aux anciens de nous chanter les airs et nous les avons retranscrits aussi fidèlement que possible», témoigne Michel.

Suite dans le n° 64, en vente en kiosques sur l'île
 
Immobilier et partenaires