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L’île de Ré possède-t-elle un microclimat ?
C’est un des arguments préférés des promoteurs de l’île de Ré. Beaucoup de ceux qui veulent «vendre» l’île de Ré mettent en avant, outre son environnement remarquable, son fameux microclimat. Outil de communication ou réalité ? Enquête.
Il suffit d’une recherche rapide sur internet pour prendre la mesure du phénomène. Hôtels, gîtes, sites de promotion touristique, agences immobilières…Sur leurs pages d’accueil, beaucoup reprennent le même crédo : l’île de Ré jouirait d’un microclimat unique en son genre. «Grâce à son ensoleillement exceptionnel, la douceur de son microclimat et ses espaces naturels protégés, l’île de Ré fait rêver. Et le pont qui la relie à La Rochelle en fait une destination touristique de premier plan», peut-on lire chez Logic Immo. Chez Orpi, même son de cloche : «L’île de Ré bénéficie d’un microclimat qui rend la météo beaucoup plus agréable que sur le continent. Le ciel est parfois nuageux mais, avec les aléas de la marée, le soleil revient très rapidement.» Sur un site de location de gîtes, on découvre la même antienne : «Maison conçue sur deux niveaux, elle vous offre tout le confort rêvé pour vos vacances sur l’île de Ré, “petit paradis où il fait bon vivre avec son microclimat”.» Au détour d’une conversation, il n’est pas rare d’entendre une phrase équivalente prononcée sur le ton de l’évidence, sans recours au conditionnel.
Première question : qu’est-ce qu’un microclimat ? Celui-ci désigne généralement des conditions climatiques limitées à une région géographique très petite, significativement distinctes du climat général de la zone où se situe cette région. D’après cette définition, la question est de savoir si l’île possède un climat suffisamment différent de son environnement proche – La Rochelle et la frange côtière continentale – pour qu’on lui attribue ce qualificatif. Autrement dit : le fait de passer le pont offre-t-il des conditions climatiques particulières, que l’on parle de taux d’ensoleillement, de températures ou de précipitations. A première vue, la réponse est cinglante : non. Taux d’ensoleillement identique, températures quasi similaires, sauf en janvier où l’on constate deux petits dixièmes de plus sur l’île. «Ce qui n’est pas significatif», selon Michel Hontarrède, responsable du centre météorologique de La Rochelle. Sur l’île de Ré, il est courant d’entendre les «anciens» dire que les orages épargnent l’île, ou que «quand il pleut à La Rochelle, il fait beau de l’autre côté».

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 65, vendu en kiosque sur l'île

 
 
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