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Geneviève Baudoin : «La peinture est mon écriture»
L’artiste-peintre Geneviève Baudoin a puisé pendant des années son inspiration dans la lumière et les paysages de l’île de Ré, avec laquelle elle entretient une histoire singulière.
«Nous étions de petits aventuriers, de vrais petits sauvages, toute l’île était pour nous. Je me rappelle de ces forêts extraordinaires, avec toutes ces fougères qui créaient une jungle dans laquelle nous nous perdions. Quand il fallait rentrer, mon père sonnait de la trompe pour nous retrouver.» Nous sommes à la fin des années 40 lorsque Geneviève Baudoin, originaire de Yerres (Essonne) découvre, avec ses parents et son frère, le monde féérique de l’île de Ré. Pendant les vacances certes, mais des vacances studieuses pour suivre son biologiste de père, passionné par l’étude des bords de mer de la façade atlantique. «Il était professeur à la Sorbonne et s’intéressait à l’activité biologique sur la zone de balancement des marais. Du coup, il choisissait les vacances en fonction de l’intérêt des plages pour ses recherches», s’amuse Geneviève, qui se rappelle l’avoir accompagné sur quasiment toutes les plages de l’Atlantique. Pour un enfant, c’est le rêve ! 
Ses parents tombent rapidement sous le charme de l’île charentaise et décident d’acheter dès 1954 une petite maison face à l’hôpital de Saint-Martin. «C’était vraiment très rustique, avec un sol en terre battue, et nous avons fait des travaux au fil du temps», se souvient l’artiste. A cette époque, la petite citadine ignore que les hasards de la vie vont la conduire à s’installer pendant deux ans sur l’île de Ré ! Alors qu’elle n’a que six ans, elle est prise de symptômes «un peu similaires à ceux de la fièvre typhoïde»… Le médecin de famille recommande, pour tenter de soigner ce mal, une cure en bord de mer dans une région tempérée. L’île de Ré et sa «Maison des enfants», tenue par madame Delbecq au Bois-Plage, est toute trouvée. «Mes parents venaient m’y retrouver à chaque vacances, mais c’est vrai que ça a représenté une période assez difficile de séparation», confie Geneviève Baudouin. A partir de ce moment, l’île de Ré symbolisera pour elle une forme d’enracinement, de contact direct avec la nature et les éléments. Comme elle le dit si bien, «un révélateur de ce que j’aime dans ce monde». La terre, les racines, la plage. Les longues balades, en prise directe avec ce ciel immense. Et cette lumière, douce et violente à la fois, dont elle pourrait parler pendant des heures. «Non seulement l’île est entourée par l’eau, mais en plus elle est composée d’eau, avec les nombreux marais. Sans parler des murs blancs des maisons qui la réfléchissent. C’est ce qui fait la qualité de cette lumière qui est vibrante, parfois éblouissante, mais toujours très subtile.» Une lumière, des couleurs, des odeurs qui rejailliront plus tard sur sa peinture…

Retrouvez la suite de cet article dans le n° 67, vendu en kiosque sur l’île.

 
 
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