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Rivedoux, le combat pour l’indépendance (1/2)
Née de sa séparation avec Sainte-Marie, Rivedoux-Plage, point d’entrée de l’île de Ré, fut longtemps un simple hameau avant d’acquérir sons statut de commune en 1928.
La dernière-née des communes rétaises aura attendu de longues années avant d’acquérir son autonomie et son statut de commune à part entière. En effet, la première volonté «indépendantiste» remonte à 1904. S’inspirant de l’exemple de Saint-Clément, qui avait obtenu sa séparation d’Ars-en-Ré en 1874, un groupe de citoyens du «hameau» de Rivedoux commença à faire pression sur les élus du village de Sainte-Marie, auquel il était rattaché. Malgré une fin de non-recevoir, les élus maritais accordèrent à Rivedoux, sans doute pour calmer les ardeurs de cette voisine rebelle, certains privilèges : la construction d’un cimetière, d’un bureau auxiliaire des postes, d’un bureau de régie et d’un débit de tabac. En outre, le maire de Sainte-Marie accepta de déléguer une partie de ses pouvoirs (de police et de signature d’actes officiels) à un élu de Rivedoux, qui fut nommé premier conseiller municipal…
La porte s’était entrouverte et les Rivedousais allaient s’engouffrer dans la brèche ! Après la Première Guerre mondiale, les habitants voulurent construire un monument aux morts dans le cimetière, pour honorer les victimes issues du hameau. Devant le refus des autorités de Sainte-Marie, une souscription fut lancée pour son financement et, en 1925, les travaux débutèrent. Le sculpteur Joubert tailla le monument, érigé place des Ecoles. Sous l’impulsion de Théodore Porsain, originaire de Rivedoux et premier conseiller de Sainte-Marie, une nouvelle demande d’indépendance fut déposée en 1925… Mais pour Sainte-Marie, la perte d’un quart de son territoire est tout bonnement inconcevable. Pour parvenir à ses fins, Théodore Porsain va alors s’appuyer sur des réseaux très puissants, avec des ramifications dans la politique nationale, voire, selon certaines sources, dans la franc-maçonnerie (les deux n’étant d’ailleurs pas incompatibles). «L’engagement personnel et le combat d’un homme, Théodore Porsain, ont été des éléments importants de la création de notre commune. […] Mais il est des hommes moins connus et qui ont pourtant aussi largement contribué à cette naissance. En effet, le rapport et la proposition de loi furent écrits par Joseph Chacun, député-maire de la ville de Thouars dans les Deux-Sèvres», écrivait Patrice Raffarin, l’actuel maire, à l’occasion du 75e anniversaire de la commune. Le sénateur Perreau et le député Chacun joueront ainsi un rôle important dans ce combat. Malgré un avis défavorable du Conseil d’Etat en 1927, mais grâce au soutien de ministre de l’Intérieur Albert Sarraut, la loi pour l’autonomie de Rivedoux sera finalement votée par la Chambre des députés le 17 janvier 1928 et par le Sénat le 15 février de la même année. Par le décret du 11 mars 1928, le hameau de Rivedoux est érigé en commune indépendante et Théodore Porsain en devient le premier maire. 
Néanmoins, il reste tout à construire. Symbole important, la première mairie est inaugurée le 8 août 1937 en grandes pompes, en présence du sénateur Sarraut : un arc de triomphe fut dressé sur la route, à l’entrée du village, avec la banderole «Honneur à nos hôtes». Cet arc avait déjà servi en 1897 à La Flotte à l’occasion de la visite du président de la République Félix Faure. L’influent parlementaire Joseph Chacun, présent lors de cette cérémonie, prononça ces mots à l’adresse du premier maire Théodore Porsain : «Mon cher maire et ami, vous m’avez remercié ce matin d’avoir, après une si longue gestation, précipité la naissance de votre commune. Permettez-moi à mon tour de vous remercier de m’avoir fait connaître ce joli coin de Rivedoux, le plus beau de l’île, avec ses deux superbes plages bordées de bosquets de pins. Rivedoux m’a tellement charmé que je suis heureux d’y venir passer mes vacances.»

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 69, vendu en kiosque sur l’île.

 
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