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A la découverte des trésors de l’île de Ré
Le JdP vous propose une sélection de sorties originales pour ce mois d’août afin de découvrir la nature et le patrimoine uniques du territoire.
Into the wild

Le «Bois des senteurs», une randonnée de six kilomètres dans les arrières-dunes du Bois-Plage, permet de découvrir la flore des sous-bois. Et des espèces comestibles parfois surprenantes ! 

Rendez-vous est pris sur le parking de la plage du Petit-Sergent, à la sortie du Bois-Plage. Pendant que les premiers touristes prennent la direction du bord de mer, notre petit groupe s’engouffre sur un petit sentier littoral, sur l’arrière-dune. Si cette randonnée s’intitule «Bois des senteurs», c’est que la plus grande partie du parcours de six kilomètres se déroule en pleine forêt. Certes, le pin est ici roi, mais les sous-bois regorgent d’une flore diversifiée et parfois inattendue, preuve que le climat rétais est un des plus doux de l’Hexagone. «Le taux d’ensoleillement est équivalent à celui de la Côte d’Azur et nous bénéficions d’un microclimat. Du coup, des plantes ramenées par différents voyageurs se plaisent bien ici», explique la guide du bureau d’accueil du Bois-Plage. Parmi ces surprises, nous découvrons une plante qui produit de petites boules vertes par endroit, noires à d’autres. Hélène en cueille quelques grains, puis nous propose de les casser et d’en sentir le cœur. Nous ne rêvons pas : il s’agit bel et bien d’une sorte de «poivre»1 ! On l’appelle ici le maceron et, comme le poivre d’Asie, il est comestible. On dit même que son goût serait plus subtil que le poivre de nos cuisines… A son odeur florale, on veut bien le croire ! Première surprise donc, il y a le sel et le poivre de l’île de Ré. Un peu plus loin, en nous approchant de la dune, notre œil est attiré par une fleur jaune typique de ce milieu : l’immortelle des dunes. Importante pour stabiliser la dune, son nom vient du fait que sa fleur reste jaune tout au long de l’année. Elle aussi possède une caractéristique étonnante : son odeur rappelle celle du curry ! 
La balade se poursuit, entre sous-bois, parcelles privées (avec quelques caravanes par endroits), blockhaus (une importante batterie allemande occupait les lieux pendant la Seconde Guerre mondiale) et…champs de fougères. Autrefois, l’île en était recouverte, à tel point qu’on la nomma, selon certaines sources, l’île aux fougères. Or, en latin, fougère se dit ratis, d’où l’île de Ratis et par déformation progressive et francisation… l’île de Ré ! Il s’agit d’une hypothèse, mais c’est celle généralement retenue par les historiens. Un peu plus loin, des «grappes» de petits escargots blancs ont élu domicile au beau milieu des fleurs. Contrairement aux insectes pollinisateurs, ce n’est pas la fleur qui les intéressent, mais la relative fraîcheur de la plante. «C’est une manière pour eux de se protéger de la chaleur du sol.» Dans la nature, il y des plantes sympathiques et d’autres un peu moins. Comme l’aristoloche, dont la feuille en forme de cœur est sacrément trompeuse : elle peut provoquer des hémorragies chez celui qui l’ingère et même des avortements spontanés chez les femmes enceintes. Ou l’ailante, une plante invasive originaire de Chine qui entraîne des démangeaisons et des cloques. Heureusement, cette autre tige, surmontée d’une boule de poils, est aussi douce qu’inoffensive : c’est le lagure, que nous connaissons mieux sous le terme de «chaton», «doudou» ou «queue-de-lièvre».

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 70, vendu en kiosque sur l’île.

 
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