Météo
 
Ars - Un village de «terriens» qui s’est tourné vers la mer
Longtemps dépendant de son vignoble et de ses marais salants, le petit village d’Ars, idéalement situé à cheval sur l’océan et le pertuis Breton, n’a jamais été attiré par le grand large. Jusqu’au développement de la plaisance dans les années 80, pour tirer parti de la nouvelle économie touristique. Récit.
On les surnomme les Casserons, du nom des petites seiches que l’on pêchait autrefois dans le fier d’Ars. Pourtant, les habitants d’Ars ont toujours eu un rapport particulier à la mer, à l’instar des Rétais souvent décrits comme des paysans de la mer. «Ici, c’est un village de terriens», confirme Emile Gaudin, ancien maire de la commune et mémoire vivante d’Ars-en-Ré. Si ce village du centre de l’île rime avec «sel», la vigne y fut «pendant longtemps cultivée d’une manière ancestrale, travaillée au ras du sol à cause du vent»1. Un chiffre significatif : en 1963, la surface du vignoble est encore de 131 hectares, soit presque autant que La Couarde (153 hectares), considérée comme une commune viticole importante du canton nord. La généralisation du machinisme et plus tard le remembrement des terres imposent d’autres structures du vignoble : taille haute, ceps espacés (de 1 mètre à 1,50 mètre) sur des rangs écartés à 2,60 mètres (pour permettre le passage des tracteurs) et apparition de nouvelles méthodes d’entretien, basées sur les produits chimiques (désherbants, insecticides et engrais). Après la Seconde Guerre mondiale, des cépages hybrides sont plantés avant d’être rapidement abandonnés car interdits par la législation. C’est le retour de cépages rouges qui avaient été délaissés par les viticulteurs comme le merlot, le cabernet, le gamay ou le jurançon noir. Les cépages blancs sont le saint-émilion des Charentes et le colombard. Contrairement à d’autres communes de l’île, la superficie du vignoble reste relativement stable, puisqu’on passe de 94 hectares en 1940 à 131 hectares en 1963 et 104 hectares de vignes en 1997. Dans le même temps, grâce au progrès des méthodes agricoles, et notamment l’introduction des machines à vendanger, les rendements augmentent de manière significative : de 1 248 hectolitres de vins blancs en 1940, on passe à 6 055 hectolitres en 1962 et 12 341 hectolitres en 1982 ! Quant aux vins rouges, beaucoup plus rares sur la commune, les chiffres sont plus variables et moins significatifs : 838 hectolitres en 1940, 5 387 hectolitres en 1962 et 758 hectolitres en 1982. Avant 1945, les Casserons pratiquent une agriculture vivrière, les terres de salines étant de bonnes terres à orge. Longtemps dominante à Ars, cette céréale était utilisée en partie pour la nourriture des animaux mais surtout exportée vers le nord de la France pour l’élaboration de la bière ! «Des courtiers locaux démarchaient pour de gros négociants de la région lilloise qui en appréciaient la qualité», confie Roger Barbotin, Arsais de souche.

Retrouvez la suite dans le n° 71, vendu en kiosque sur l’île.

 
Immobilier et partenaires