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Dossier - PPRL : quelles marges de man½uvre ?
Alors que l’Etat a mis sur pied en 2011 puis 2014 une doctrine nationale1 en matière de prévention des risques, les PPRL pourraient varier d’un territoire à l’autre. Explications.
Pourquoi l’Etat est-il moins inflexible aujourd’hui qu’en 2014 ?

Chaque participant a gardé en mémoire la réunion publique houleuse d’Ars-en-Ré organisée le 9 décembre 2014 par la préfète de Charente-Maritime Béatrice Abolivier et ses services, afin de présenter les cartes d’aléas du futur PPRL. Depuis, de l’eau a coulé sous le pont de l’île de Ré. La préfète a été remplacée, de nombreux territoires se sont opposés à leurs PPRL, dont certains ont été retoqués par la justice. Sur l’île de Ré, la forte mobilisation des élus, suivis par la population (notamment lors des réunions publiques de 2014), a créé un rapport de force. Après cette phase de confrontation, revendiquée par la Communauté de communes (CdC), on assiste depuis un an environ à une phase d’apaisement, dite dans le jargon politique, «de dialogue et de concertation». Au-delà des mobilisations locales, un gros travail «technique» a été réalisé par des cabinets d’experts mandatés par les collectivités locales : un certain nombre d’entre elles, dont l’île de Ré (cabinet Casagec), ont opposé des contre-expertises soulevant certaines incohérences dans les simulations de submersion. Ce qui oblige l’Etat, qui ne peut balayer d’un revers de main ces analyses «poussées», à trouver des petits compromis sans céder sur l’essentiel de sa doctrine. Exemple : dans le PPRL élaboré en 2012 (et abandonné en cours de route) sur l’île de Noirmoutier, l’Etat prévoyait un scénario de ruptures de digues concomitantes, trois heures avant la pleine mer : on imagine facilement les conséquences en termes de volumes d’eau inondant le territoire et la couleur des cartes qui en découlèrent. Grâce à sa contre-expertise, la CdC de Noirmoutier a démontré que le scénario de brèches concomitantes était aléatoire et qu’un début de submersion trois heures avant la marée haute n’était pas crédible. Résultat : dans le PPRL approuvé le 30 octobre 2015, les digues ne cèdent qu’une heure avant la pleine mer ! Noirmoutier a également obtenu la prise en compte du rôle des marais comme bassin d’expansion des crues. Comme l’évoquait Lionel Quillet, président de la CdC de l’île de Ré dans le JdP de mars dernier, «que ce soit les élus ou l’Etat, il est clair que personne n’a la science exacte. Il faut donc apprécier la situation et trouver des solutions cohérentes et adaptées au risque.»

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 72, vendu en kiosque sur l’île.

 
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