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Le PADD de l’île de Ré sur orbite
La CdC, qui mène depuis septembre des réunions au pas de charge, a dévoilé le 15 février le Plan d’aménagement et de développement durable, première phase du Plan local d’urbanisme intercommunal. Présentation et explication des enjeux.
Comme nous l’écrivions dans le JdP n° 72, le calendrier prévu pour l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) était extrêmement serré, avec l’aboutissement du Plan d’aménagement et de développement durable (PADD), sa première étape, au mois de mars. Comme prévu, le calendrier a été respecté, beaucoup d’acteurs, associatifs et institutionnels, louant au passage l’efficacité et l’organisation des différentes réunions. Il faut rappeler que le PADD, qui concerne les grands objectifs du futur PLUI, était déjà en grande partie connu puisque déjà discuté et défini dans le SCOT. Loin de partir de zéro, les acteurs disposaient donc d’un document fiable et solide sur lequel s’appuyer. Mais pourquoi aller aussi vite en besogne, sachant que les exécutifs locaux ont jusqu’au 31 décembre 2019 pour faire aboutir leurs PLUI ? L’urbanisme de l’île de Ré est réglementé par les Plans d’occupation des sols depuis près de vingt ans. Or, le SCOT, document d’urbanisme intercommunal sur lequel devaient s’appuyer les nouveaux POS (Plans locaux d’urbanisme) a été retoqué par la justice suite à la plainte d’associations environnementales : les anciens POS arrivant à échéance en mars 20171, il y a avait donc urgence à faire aboutir le PADD, l’île risquant de tomber sous le coup du Règlement national d’urbanisme, et notamment de la loi ALUR visant à densifier les centres-bourgs : l’exact inverse de ce que souhaitent les élus et l’Etat pour l’île. «Cette loi a été prévue pour les grandes métropoles. Il faut donc garder notre spécificité insulaire, qui est l’assurance de notre qualité de vie», explique Lionel Quillet, président de la Communauté de communes (CdC). Le PADD est en effet un document opposable aux tiers qui permettra aux élus de mettre des permis à statuer sur certains projets de construction, peu en accord avec l’urbanisme îlien. Juridiquement, ces permis à statuer autorisent à «geler» toute demande pendant deux ans… en attendant l’adoption du PLUI en 2019 !
L’autre raison de cet empressement est plus «politique» : il s’agit de donner des gages de bonne conduite à l’Etat, en réaffirmant la volonté des élus de limiter les constructions sur l’île par la doctrine du 80/20 (comme pour le SCOT), soit 80% d’espaces inconstructibles. En effet, alors qu’il y a eu de nombreuses discussions entre les services de l’Etat et ceux de la CdC ces derniers mois, les élus communautaires espéraient un assouplissement du préfet sur la question du Plan de prévention des risques naturels : une sorte de donnant-donnant (voir article page 26). 
Si le PADD est si important, c’est qu’il conditionnera la politique d’aménagement pour les vingt prochaines années. Certes, le passé proche de l’île de Ré a prouvé qu’il était possible de mener à terme des projets sans ce type de document : comme l’a rappelé Lionel Quillet, le Schéma directeur, qui faisait suite à l’arrivée du pont et à ses conséquences sur le développement de l’île, «a disparu aussi vite qu’il était arrivé car il n’avait pas été assez travaillé». Lui succéda le Schéma directeur en 2000, «qui fut rayé à 50% par le préfet de l’époque». Puis le SCOT (2009-2012) finalement tombé devant les tribunaux après un contentieux. «Cela fait 22 ans qu’on vit avec nos POS et que le grand plan pour l’île de Ré n’a jamais été mis en place. On a fait fait 62 millions d’euros d’investissements sur l’île pour les logements sociaux, les digues, les crêches, etc. Ça n’a donc pas empêché de faire des choses, ça vit plutôt bien mais ça ne suffit pas, il nous faut un cadre.» Comme pour le SCOT, ce document doit servir notamment à lutter contre l’étalement urbain, en vertu du 80/20. La question est donc de savoir ce qu’on fera à l’avenir de ces 20% disponibles pour l’aménagement. 
Une réunion publique était organisée le 15 février à Saint-Martin, devant une assistance de 250 personnes, pour donner la parole aux citoyens avant de finaliser le document.

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 73, vendu en kiosque sur l’île.
 
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