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Saint-Clément, une histoire, des villages
Dotée d’une identité forte, la petite commune du nord de l’île, issue d’un regroupement récent de cinq hameaux, est marquée par son passé de «paysans de la mer» et par son célèbre phare.
Le divorce avec Ars-en-Ré
Si une première petite chapelle fut construite en 1830 au Gillieux, les habitants des différents «villages» de Saint-Clément (le Chabot, le Gillieux, la Tricherie, le Griveau et le Godinand) devaient se rendre à Ars-en-Ré, leur commune de rattachement (qu’ils appellent le «bourg», et leurs habitants les «Bourgadins»), pour les baptêmes, mariages ou inhumations. Les habitants de ces villages très pauvres décident alors de prendre les choses en main afin de construire leur propre lieu de culte, informant le maire d’Ars de cette initiative en 1842. Un symbole fort et le début de la marche vers l’indépendance vis-à-vis d’Ars-en-Ré. Pour cette construction «non officielle» et sans aucune aide financière institutionnelle, ils purent compter sur l’appui décisif de Jean Bobard, le vicaire d’Ars-en-Ré, qui lança des quêtes dans tout l’ouest de la France, mais également en Amérique du Sud ! «Il est parti au Pérou avec un dénommé Pentecôte. Ce dernier, qui était maçon ici et maître d’hôtel là-bas, est d’ailleurs revenu quelques années plus tard avec deux enfants qu’il avait eus avec une Péruvienne», explique Marinette Caillaud, la mémoire vivante de la commune. L’église de Saint-Clément sera finalement bâtie de 1842 à 1843 par deux entrepreneurs locaux «sur un espace cultivé». Si les travaux furent réalisés en dehors de l’aide municipale, les habitants s’impliquèrent totalement puisqu’on dénombra pour cette construction la participation «de 16 maçons, 4 menuisiers, 5 charpentiers, serruriers, ferblantiers, vitriers, peintres, marbriers, tailleurs de pierre et bien d’autres»1. Dès 1843, le gros œuvre était presque achevé, mais des problèmes de finances apparurent. Pour l’anecdote, le roi Louis-Philippe accepta de donner 300 francs, avant de créer le 31 mars 1844 la nouvelle paroisse par ordonnance royale. Quant à l’abbé Bobard, il poursuivit ses quêtes pour combler le trou financier. Une nouvelle péripétie survint en 1847 avec l’effondrement du clocher, qui attendra dix ans avant d’être reconstruit. Les «villages» obtiennent finalement leur indépendance le 11 mars 1874, soit plus de 30 ans après la construction de leur église. Saint-Clément est donc une des communes les plus récentes de l’île de Ré, avec Rivedoux qui se détachera de Sainte-Marie un siècle plus tard. Le premier conseil municipal se tiendra le 26 avril 1874 (David Chauvet en sera le premier maire) dans des bâtiments contigus à l’église, qui serviront ensuite d’école, de cabinet médical, de logements puis en 2012 de bibliothèque et d’office de tourisme. Saint-Clément-des-Baleines est donc né du regroupement de cinq villages ou hameaux assez dispersés, d’où le nom de ses habitants : les Villageois.

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 73, vendu en kiosque sur l’île.
 
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