Météo
 
PPRL : il n’y aura pas de miracle !
Alors que le préfet Eric Jalon présentera officiellement les cartes du Plan de prévention des risques courant mars, il faut s’attendre à des zones submersibles toujours aussi importantes qu’en 2015, avec toutefois des «ouvertures» de l’Etat en matière réglementaire. Les élus du nord sont vent debout.
Il y aura probablement deux manières de lire les nouvelles cartes du PPRL, que le préfet devait présenter officiellement à la population rétaise les 6 et 8 mars, à l’occasion de deux réunions publiques au Bois-Plage et à Ars-en-Ré. De loin, elles apparaîtront aussi rouges qu’en décembre 2014, lorsque l’ancienne préfète, Béatrice Abollivier, était venue présenter à Ars-en-Ré la première mouture du PPRL, dans une ambiance délétère. De près, elles prendront en compte certaines demandes des élus, notamment dans les zones «denses», où les règles de constructibilité seront assouplies, comme nous l’écrivions dans le JdP n° 72. Mais qu’on se s’y trompe pas : à partir du moment où l’Etat ne varie pas d’un iota sur l’aléa long terme (Xynthia + 60 cm) et que les digues, même neuves, sont considérées comme faillibles, aucune évolution majeure dans les zones submersibles n’est envisageable. Faut-il s’attendre dans les prochaines semaines aux mêmes tensions qu’en 2015 dans une sorte de bis repetita? En tout cas, les élus du nord de l’île sont particulièrement remontés et, au moment où nous mettons sous presse, une lettre signée des dix maires a été envoyée aux Rétais pour les inviter à se mobiliser… 
Rappelons qu’en 2015, la CdC avait alors entrepris un bras de fer avec l’Etat, produisant ses propres cartes du risque (étude du cabinet Casagec), mais chaque partie avait campé sur ses positions. Depuis, de l’eau a coulé sous le pont de l’île de Ré, une préfète est partie, un préfet est arrivé, et tout laissait penser à une normalisation. Lionel Quillet, qui entretenait des relations compliquées avec Béatrice Abollivier, avait trouvé en Eric Jalon un préfet «à l’écoute», «intelligent» et «qui aime comprendre les choses». Lors de la cérémonie des vœux de la CdC du 13 janvier dernier, le préfet avait délivré un discours rassurant, récoltant même des applaudissements de l’assistance. Quelques semaines plus tard, on avait senti que l’optimisme de Lionel Quillet était tout relatif et qu’il attendait des preuves concrètes. Comme si le vent était en train de tourner. «Le préfet a déclaré qu’il ne voulait pas faire de taxidermie ni de vitrification sur l’île de Ré. On verra s’il tient ses engagements», déclara un Lionel Quillet circonspect, à l’occasion d’une réunion publique le 15 février dernier. Entre temps, les services de la DDTM étaient venus présenter les dix PPRL revus et corrigés aux différentes communes de l’île. Histoire de mettre enfin cartes sur table.

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 73, vendu en kiosque sur l’île.
 
Immobilier et partenaires