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Histoire – Dis-moi comment tu t’habilles, je te dirai qui tu es
Le musée Ernest-Cognacq propose une exposition sur les modes vestimentaires de l’île de Ré à la Belle Epoque, véritable marqueur social qui nous apprend beaucoup sur le mode de vie des îliens.
Quel meilleur marqueur social que l’habillement ? Si l’habit ne fait pas le moine, il en dit souvent long sur le niveau d’appartenance sociale d’un individu. Peut-être encore davantage au tournant de 1900 qu’à notre époque. Le musée Ernest-Cognacq a eu l’excellente initiative, avec cette exposition sur le chic rétais, d’aborder l’histoire de façon différente, au plus près du quotidien. L’occasion de se plonger, à travers la présentation de plusieurs costumes, photos et objets divers issus de ses collections, en pleine Belle Epoque. 
Comme l’explique l’exposition, «le raffinement de certaines pièces conservées au musée, provenant de familles rétaises, met en lumière la présence d’une société bourgeoise insulaire soucieuse de son apparence et désireuse d’affirmer son niveau social». Déjà, à cette période, Paris, capitale de la mode, donne le la par le biais des journaux, des périodiques et des catalogues de vente. «A l’île de Ré, comme ailleurs, le processus d’imitation est à l’œuvre comme on peut le voir à travers les tenues bourgeoises.» Toutefois, c’est davantage dans les vêtements de travail que se révèlent les strates sociales, les costumes de fête ou du dimanche ayant «tendance à atténuer ces différences en copiant les tenues créées pour l’élite». 
 
L’influence de la Ville lumière
Comment s’exerce cette influence de la capitale de l’Hexagone ? Essentiellement par les revues de mode, dont les Rétaises s’inspirent pour concevoir elles-mêmes leur garde-robe. D’autant que des périodiques spécialisés fournissent directement les patrons qui sont ensuite confiés à des couturières, nombreuses sur l’île de Ré. Chaque Rétaise qui en a les moyens peut ainsi faire fabriquer ses corsages, jupes et chemises sur mesure. Le tissu est acheté chez le drapier, un métier aujourd’hui disparu mais très présent sur l’île de Ré en 1900 : chaque commune compte au moins deux draperies (à l’exception des Portes) ! Idem pour les merceries, très implantées sur l’île, ce qui témoigne de l’importance de la confection «maison». Il y également des boutiques, dans lesquelles les femmes peuvent acheter leur toilette, même si le prêt-à-porter n’existe pas en tant que tel. «C’est à Saint-Martin-de-Ré que se trouvent le plus de magasins et petits métiers liés à l’habillement : huit magasins de nouveautés, confection ou lingerie. Mais également deux sabotiers, quatre cordonniers, un teinturier.» 
D’autre part, les grands magasins parisiens, le Louvre, la Samaritaine, le Bon marché, ont mis en place un système de vente par correspondance des articles de confection. Invention de ces mêmes grands magasins au xixe siècle, la confection se distingue du sur-mesure par l’existence de tailles préétablies. Préfiguration du prêt-à-porter, la confection propose plusieurs gammes de vêtements : «riches», «mi-riches» ou «bon marchés». N’oublions pas que le fondateur de la Samaritaine, Ernest Cognacq, est originaire de Saint-Martin-de-Ré et que beaucoup de Rétais iront travailler à Paris grâce aux réseaux d’Ernest Cognacq. A leur retour sur l’île, ils influenceront probablement les autochtones.

Retrouvez la suite de cet article dans le n° 74, vendu en kiosque sur l’île.

Exposition visible jusqu’au 31 décembre. Plein tarif : 4 €, réduit : 2,50 €. Renseignements au 
05 46 09 21 22

 
 
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