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L’île de Ré secrète
Petit territoire à la biodiversité exceptionnelle, l’île de Ré possède des richesses insoupçonnées. Nous vous proposons, à travers cette sélection, un voyage original au c½ur de son histoire, de sa faune et de sa flore uniques. Découverte.
La forêt, au crépuscule
 
Le soleil décline, nous nous enfonçons dans la forêt située à l’entrée de Sainte-Marie au rythme du chant des engoulevents, à la découverte de la faune et de la flore peuplant ces lieux. Un moment magique conclu à la nuit tombée par un petit cours d’astronomie.
 
Il est 20h45, à l’entrée de Sainte-Marie-de-Ré, dans un site boisé splendide. Notre première rencontre a lieu avec un martinet, oiseau capable de faire 150 kilomètres pour aller chasser des insectes, souvent à proximité des têtes d’orage, avant de les ramener au nid. L’île de Ré, située sur le 46e parallèle, à équidistance du pôle nord et de l’équateur, possède aussi bien des espèces locales que migratoires. Preuve de sa richesse ornithologique : sur les 450 observables en Europe, on en trouve 302 sur l’île ! Quant à la flore, on en dénombre ici 861 sur les 3 500 plantes vasculaires identifiées en France, soit 25% sur un territoire d’à peine 85 km2, ce qui est remarquable. «Si on compare avec une île de taille équivalente comme Belle-Ile, c’est largement plus», confie notre guide Dominique Chevillon, de Ré Nature Environnement. Cela s’explique par deux facteurs : la présence d’un climat océanique-méditerranéen – le fameux «microclimat» de l’île de Ré (voir JdP n° 64) – et des côtes basses, contrairement à l’île vendéenne qui regorge de hautes falaises. Du coup, à marée basse, l’estran offre un terrain de jeu de 45 km2 supplémentaires aux oiseaux, comme autant d’opportunités supplémentaires de se nourrir, grâce à une biodiversité là aussi exceptionnelle (180 espèces d’algues, 203 de mollusques et 45 de crabes). 
Cette configuration de côtes basses a aussi ses revers puisque 45% de l’île sont situés sous le niveau de la mer et 70% du canton nord ont été grignotés sur l’océan par la main de l’homme, notamment par la construction des marais salants. Ainsi, lors d’événements climatiques graves, comme ce fut le cas le 28 février 2010 avec la tempête Xynthia (où le territoire avait repris sa configuration ancienne, formant trois îles), Ré est soumise au risque de submersion, appelé ici «vimer». Ici, à Sainte-Marie, même à l’intérieur des terres, le sol se compose essentiellement de sable : il s’agit de dunes «grises», différentes des dunes «blondes» de bord de mer. Transporté par l’action du vent, le sable a offert des terrains propices à la culture de l’asperge ou de la vigne. Les plantes vivant ici sont d’ailleurs adaptées à ces conditions assez hostiles, avec un sol pouvant atteindre les 45° dès le mois d’avril, d’où la présence de nombreux épineux comme la centaurée rude. «Plus la surface de la feuille est petite, moins il y a d’évaporation et plus la plante peut résister à la sécheresse», explique Dominique Chevillon. On découvre la moutarde noire, la mauve sylvestre, le maceron utilisé longtemps comme «poivre» par les locaux ou le panicaut champêtre dont la fleur verte se distingue de sa cousine des dunes côtières (panicaut bleu, souvent assimilé au chardon bleu), la lagure ou «queue-de-lièvre» (bien nommée avec sa boule de poils), des carottes sauvages, la vipérine commune avec ses épines caractéristiques, l’iris fétide (bonjour l’odeur !) ou l’aristoloche clématite dont le fruit était utilisé autrefois pour les avortements… La forte concentration de plantes à bulbe (fougères, oseille sauvage) est aussi très caractéristique de ces sols sableux drainants, sur lesquels le végétal s’adapte pour retenir l’eau. 

Retrouvez la suite de ce dossier dans le n° 76, vendu en kiosque sur l’île.

 

 
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