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Une «route» du sel entre Ré et la Guinée
Des sauniers guinéens étaient en visite sur l’île de Ré, du 7 au 18 août, dans le cadre de la coopération entre le département de Charente-Maritime et la préfecture de Boffa.
 C’est un projet de coopération né il y a une vingtaine d’années et qui commence vraiment à porter ses fruits. Tout est parti d’une initiative individuelle, lorsque Jacky Menuteau, saunier sur l’île de Ré, part travailler dans une région côtière guinéenne qui vit depuis la nuit du temps de l’exploitation du sel. Sur place, il constate que la technique utilisée, radicalement différente de ce qui se fait sur l’île de Ré, a des conséquences considérables sur l’environnement. Lorsque le sel s’accumule massivement à la saison sèche, il est gratté sur le sol puis rincé avec de l’eau. Les Guinéens en tirent une saumure qui est ensuite chauffée dans de grandes bassines pendant plusieurs jours afin d’en évaporer l’eau. Problème : là où la filière française n’a recours qu’au vent (et au soleil), les sauniers de Boffa ont besoin de grandes quantités de bois de chauffe…qu’ils prélèvent directement sur la mangrove. La déforestation provoque des conséquences dramatiques sur l’environnement, laissant la place à des paysages quasi lunaires, menaçant l’écosystème et le cadre de vie des habitants. «L’idée de Jacky Ménuteau était de trouver un métissage technique, de façon à produire indépendamment du bois», explique Louis Merlin, saunier de Saint-Clément-des-Baleines au cœur du projet de coopération. S’inspirant des techniques rétaises, le précurseur propose de créer un système de marais salants avec des carreaux, plus petits et bâchés pour remédier aux problèmes d’étanchéité du sol. Un système de marais mixtes avec vasais (grande réserve d’eau de mer) collectif est également aménagé, offrant la possibilité à plusieurs producteurs de puiser dedans pour produire du sel.

Retrouvez la suite de ce reportage dans le n° 77, vendu en kiosque sur l’île.
 
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