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Submersion : «En Charente-Maritime, il y a un problème»
Eric Chaumillon, professeur de géologie marine au CNRS de La Rochelle, a évoqué lors d’une conférence les différents facteurs d’évolution du trait de côte, indépendamment du réchauffement climatique. Et le constat est inquiétant.
1 – Pourquoi les littoraux posent problème ?
Comme l’a rappelé Eric Chaumillon, 45% de la population mondiale vit sur une bande côtière de 140 kilomètres. «Cela peut paraître large, mais beaucoup vivent sur des zones côtières très densément peuplées.» A Miami Beach, les buildings ont été construits «sur les dunes» pour accueillir les retraités américains : à cause des zones basses en amont, chaque submersion, comme on a pu le voir en 2017, crée des dommages considérables. Un phénomène d’autant plus inquiétant que le réchauffement climatique en cours provoque deux conséquences : une élévation du niveau de la mer de 30 centimètre à plus d’un mètre d’ici la fin du siècle et une fréquence de tempêtes beaucoup plus importante à certains endroits de la planète. «Sur la côte atlantique, cette dernière n’est pas très claire. Pour l’instant, nous n’avons pas observé d’accélération du rythme des tempêtes», relativise le chercheur. Les submersions ont récemment provoqué des catastrophes humaines avec de nombreux morts : le cyclone Bhola, survenu sur le delta du Gange-Brahmapoutre aurait fait en 1970 entre 300 000 et 500 000 morts tandis que la tempête Katrina fit 1 500 morts en 2005. Un peu plus loin dans le temps, une tempête sur la mer du Nord a provoqué en 1953 le décès de 2 000 personnes en Hollande, une catastrophe à l’origine «de l’effort considérable de ce pays en matière de défense de côtes». Plus proche de nous, la tempête Xynthia de 2010 a fait 47 morts entre la Vendée et la Charente-Maritime, provoquant une prise de conscience des populations. «Quelques jours après le tsunami de 2004 en Asie, qui n’avait rien à voir avec le climat, Claude Allègre avait déclaré quelque chose de très vrai : “Les tempêtes, il y en aura toujours, mais la grande différence, c’est qu’il y a beaucoup plus d’habitants qu’avant sur les côtes”», explique le géologue marin. Le spécialiste rappelle que le trait de côte, soumis aux aléas climatiques, est avant tout lié aux activités humaines : comme dans le cas du Parc marin de la Gironde et des pertuis, «le plus grand de France, situé juste en face de chez nous», le littoral bouge beaucoup pour répondre aux exigences des besoins économiques.

Retrouvez la suite de cet article dans le n° 79, vendu en kiosque sur l’île.
 
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