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Loix, une île dans l’île (1/2)
Longtemps à l’écart du fait de son enclavement géographique, le petit village du nord de l’île a vécu du commerce de l’or blanc, avant d’être touché de plein fouet par la crise salicole. Mais les Loidais, ces «paysans de la mer», ont plus d’un tour dans leur manoque.
Comme le disent beaucoup de gens ici : «On ne passe jamais à Loix par hasard mais on choisit de s’y rendre !» Le village est bordé d’un côté par le fier d’Ars et de l’autre par la fosse de Loix, elle-même protégée par la pointe du Grouin. Cette spécificité géographique explique beaucoup de choses de l’isolement relatif dans lequel Loix a vécu pendant des décennies et dans sa volonté, à partir du xixe siècle et jusqu’à aujourd’hui, de se rattacher au reste de l’île. Loix est en effet une île, coupée de Ré jusqu’en 1808 sous Napoléon Ier, date de création du pont du Feneau, qui la raccorde enfin. Elle devient ainsi la «presqu’île de l’île» mais conservera très longtemps dans ses gênes cette particularité géographique. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si elle est une des rares communes de l’île qui n’a pas ajouté d’extension à son nom : on dit Les Portes-en-Ré, Ars-en-Ré, Sainte-Marie-de-Ré ou alors Rivedoux-Plage et Le Bois-Plage (pour signifier la vocation touristique d’un lieu), mais Loix reste Loix. Cependant, le xixe siècle va marquer la volonté des différents élus de la commune de faire sortir leur village de ce relatif isolement par son intégration progressive au reste de l’île. Le petit train, créé en 1898, marqua un échec puisque les voies ne rallieront pas le centre-bourg, s’arrêtant au niveau du pont du Feneau avant de poursuivre sa route vers le nord, et notamment le phare des Baleines. Malgré une volonté politique forte, Loix sera le seul village, avec Les Portes, à ne pas être relié au chemin de fer. Les élus obtiendront malgré tout le financement par le Département d’un taxi qui fit la navette, pendant trente ans, pour acheminer les Loidais du centre-bourg à la petite gare du pont du Feneau ! 
 
Un petit village salicole
Son histoire est intimement liée à celle de l’or blanc, longtemps récolté par de modestes villageois travaillant pour le compte de grands propriétaires de marais. L’écomusée du marais salant, situé sur l’unique route menant au centre-bourg à travers les marais, symbolise à lui seul l’histoire du village : en tant que «musée», il témoigne d’un passé glorieux lié à la culture du sel et d’une période révolue1… Autre élément incontournable du paysage loidais : son petit port et son moulin à marée. Jusqu’au xixe siècle, le moulin à marée servait à moudre le grain et à produire de la farine grâce à l’action de l’eau. Il permettait en outre, grâce à la vidange du bassin de stockage situé à l’arrière, de chasser la vase qui s’accumulait dans le port. Par ailleurs, il évoque également le passé salicole du village car sa roue était usitée pour actionner une «laverie» permettant de nettoyer le sel de ses impuretés.

Document : collection particulière André Diédrich

Retrouvez la suite de cet article dans le n° 79, vendu en kiosque sur l’île.
 
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