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Immobilier : terrain favorable
Retour de la croissance en France, baisse du chômage, taux d’intérêt toujours aussi bas et aboutissement de l’épisode Plan de prévention des risques…Tout semble réuni pour que l’embellie constatée en 2017 se poursuive, même si la pénurie de terrains et le manque de biens semblent dessiner à terme une remontée des prix.
«Après une année 2017 très active, une légère accalmie sur le volume des transactions se dessine en tout début d’année 2018, mais avec des prix qui se maintiennent.» Xavier Guibé, notaire à Saint-Martin-de-Ré, résume le sentiment général des professionnels de l’immobilier sur l’île de Ré. En voici un tour d’horizon.
 
Un léger infléchissement en début d’année après le bon millésime 2017 
De l’avis de tous, l’année 2017 a marqué une nette reprise du secteur immobilier, dans la continuité du second semestre 2016. «Le marché a été particulièrement dynamique, confirme Loïc Trouvé, responsable de l’Agence du Phare à Ars-en-Ré. Selon les notaires et notre propre activité, l’année fut exceptionnelle d’une manière générale et aussi sur l’île de Ré.» Christophe Coussin, de l’agence Hurtaud à Sainte-Marie, rappelle que cette embellie avait commencé dès septembre 2016, et qu’elle n’a jamais vraiment cessé depuis, après les années moroses ayant suivi la crise financière de 2008. Ce début 2018 semble confirmer la tendance, même si les professionnels constatent une légère érosion des ventes. «Il y a beaucoup d’agitation, beaucoup de contacts, mais il y a un fléchissement en ce qui concerne les acquisitions depuis le début de l’année.» Un phénomène qui n’est pas vraiment nouveau : avec le retour des beaux jours, il y a toujours à cette période un surcroît d’activité, sans que les prises de contact ne se concrétisent pour autant. «C’est un marché en dents de scie, assez chaotique, avec des périodes de creux», reconnaît l’agent immobilier. «Cela reste très convenable, 2017 a été une très bonne année, et je pense que nous allons rester sur la même dynamique», prédit quant à lui Loïc Trouvé.
 
Les ingrédients de la reprise : optimisme ! 
Globalement, l’économie française se porte mieux : l’industrie automobile, marqueur important de la santé économique du pays, a réalisé en 2017 des chiffres records. «On ne peut pas nier qu’il y a un regain d’optimisme», souligne Loïc Trouvé. Baisse du chômage depuis plusieurs mois, taux de croissance du PIB proche de 2%, moral des Français à la hausse : le contexte est à nouveau favorable pour le marché immobilier, d’autant que l’élection présidentielle de 2017 a fait souffler un vent nouveau sur le pays. Faut-il y voir un effet Macron ? Pour Loïc Trouvé, qui ne nie pas qu’une certaine euphorie traverse les couches aisées de la population, c’est non. «Le redémarrage du marché avait commencé avant, dès 2016. Je ne vois pas de corrélation avec l’élection présidentielle.» D’autre part, et c’est une constante depuis de nombreuses années, il ne faut pas oublier que la dynamique migratoire vers l’Arc Atlantique n’a jamais vraiment cessé, notamment du côté des retraités. La grande majorité des acquéreurs rétais correspond à des profils de plus de 60 ans déjà bien installés dans la vie, et qui viennent profiter de leur retraite dans un cadre privilégié.
Au niveau fiscal et réglementaire, il y a une certaine continuité avec le quinquennat de François Hollande : de l’avis des spécialistes du secteur immobilier, elle est gage de confiance pour des investisseurs qu’on dit «lassés», voire «frustrés» d’attendre depuis plusieurs années, et qui sautent sur la première éclaircie pour – enfin – franchir le pas. «Avec les taux extrêmement bas, on a depuis un an une clientèle aisée qui veut se faire plaisir», analyse Jean-Jacques Massé, expert immobilier à la Couarde. Au point que le crédit est aujourd’hui presque « gratuit » pour les plus fortunés, à l’image de cet acquéreur qui avait la possibilité d’acheter une magnifique demeure rétaise (800 000 €) «cash» et à qui la banque a proposé un crédit sur dix ans au taux record de 0,79%. Trop pour cet investisseur qui a finalement décidé d’emprunter sur sept ans à… 0,22% ! «L’argent ne coûte plus rien, du moins pour ceux qui ont déjà des liquidités et la confiance des banques», analyse le professionnel. 
Parmi les mesures phares du nouveau gouvernement, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé le 1er janvier 2018 par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), ne semble pas avoir vraiment d’effet sur l’investissement immobilier (voir encadré). Mis en place pour taxer le patrimoine immobilier, les grosses fortunes ont déjà trouvé la parade pour s’y soustraire. «Pour faire simple, vous pouvez déduire de l’IFI le montant de votre crédit, analyse Loïc Trouvé. Le bien appartient en quelque sorte à votre banque, sachant que les prêts constatés se déduisent du montant du patrimoine.» Conséquence : même les gens qui ont des liquidités prennent aujourd’hui des crédits, d’autant que les taux sont extrêmement bas. 
Au niveau plus local, il y a aussi la confirmation de l’attractivité de l’île de Ré, soudainement boostée par la conjonction d’indicateurs socio-économiques favorables. Les étrangers, et notamment les Anglais, seraient également de retour, anticipant pour certains les conséquences du Brexit.

Retrouvez la suite de cet article dans le n° 81, vendu en kiosque sur l’île.
 
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